LE COMA Le coma est un sommeil profond .En grec ancien c’est l’abolition de la conscience et de la vigilance non réversible par les stimulations. Il stimule d’un dysfonctionnement cérébral sévère (d’origine traumatique, toxique ou médicale). Le coma est une perte durable de la conscience et donc perte de la connaissance de soi et de l’environnement mettant le patient dans un état de non réactivité aux stimulations. La conscience c’est un état permettant de percevoir et d’intégrer les stimulations externes (sensorielles) et internes (végétatives) , puis d’agir en conséquence et de façon adaptée . Elle dépend : De l’éveil sous cortical ou vigilance (état mental permettant d’interagir avec toute stimulation) De l’éveil cortical (état permettant à l’individu un traitement cognitif de l’information à laquelle il a accès) La conscience normale comprend l’éveil, la vigilance, la vie de relation, une activité mentale non perturbée. PHYSIOPATOLOGIE La vigilance : état se traduisant par un comportement d’éveil et la mise en activité du cortex .Elle dépend de structures corticales complexes qui comprennent la formation réticulée activatrice ascendante. Une fois corticales complexes qui comprennent la formation réticulée activatrice ascendante. Une fois son cortex activé, le sujet vigilant va pouvoir exercer des activités conscientes. LE COMA : Trouble primitif de la vigilance qui se traduit par un état de non veille avec pour résultante la suppression de la conscience. Il résulte d’une atteinte plus ou moins étendue des dispositifs activateurs du tronc cérébral (SRAA) au cortex lui-même. Les mécanismes en jeu souvent, intriqués, sont très schématiquement les suivants : La souffrance cérébrale diffuse fonctionnelle (intoxication, hypothermie, hypoglycémie …) ou structurale (comme anoxie prolongée) La souffrance cérébrale focale. Une lésion focale étendue ETUDE SEMIOLOGIQUE : Repose essentiellement sur : un examen clinique qui va permettre (reconnaitre le coma, évaluer les fonctions vitales, apprécier la profondeur du coma afin de le classer, orienter le diagnostic étiologique), examen para clinique, évolution et pronostic, le traitement) 1- EXAMEN CLINIQUE a- Reconnaissance du coma Le patient comateux semble endormi. Il interagit pas avec l’environnement et ne répond pas de façon adaptée aux stimulations (verbales ou tactiles) répétées par l’examinateur. b- Evaluer les fonctions vitales S’assurer de la liberté des voies aériennes Efficacité de la ventilation spontanée Efficacité cardio circulatoire Examen général rapide (PA, pouls, FR, signes de choc, de défaillance cardio respiratoire, prise de température) N.B : Devant la présence d’une menace vitale, l’examen physique sera différé pour mettre en œuvre les mesures de survie (voie d’abord avec remplissage, réanimation cardio respiratoire) C- Evaluation de la profondeur du coma Examen neurologique minutieux, méthodique et symétriques : Les stades du coma (échelle de Glasgow) ils ont pour buts de : Prendre des décisions thérapeutiques essentielles (intubation/ventilation assistée si le coma est profond) Suivre son évolution Interrogatoire des proches il s’oriente vers une pathologie neurologique : De signes évocateurs d’un syndrome méningé, signes focaux (déficitaires ou comitiaux), d’un traumatisme crânien. Il s’oriente vers une pathologie générale : - Une maladie métabolique connue et circonstances de décompensation (arrêt ou surdosage thérapeutique, stress physique tel qu’un syndrome infectieux …) - Une insuffisance d’organe (hépatique, rénale, cardio-respiratoire) - Une maladie générale responsable d’anomalies hydro-électrolytiques, hypercalcémie produite au cour d’un myélome) - Surdosage médicamenteux involontaire ou volontaire - Pathologie dépressive ou des antécédents de tentative de suicide - Une toxicomanie, un alcoolisme chronique (consommation de grandes quantités d’alcool en diminution parallèle des apports nutritifs) - L’intoxication au CO (chauffage défectueux, symptômes identiques dans l’entourage) L’examen neurologique consiste à : Rechercher d’une raideur de nuque L’examen de la motricité et des mouvements réflexes Préciser le tonus musculaire (coma hypotonique le plus souvent) nous avons les signes de localisation comme - Visage asymétrie des plis, déviation provoquée par une stimulation nociceptive (manœuvre de Pierre Marie et Foix) - Réflexe cornéen (nerf facial –trijumeaux) - Membres asymétrie du tonus des ROTS, asymétrie ou réponses inappropriées aux stim, douloureuses décortication (souffrance hémisphériques étendue), (flexion adduction aux membres supérieurs, extension aux membres inférieurs), la décérébration qui est la souffrance de la partie haute du tronc cérébral (extension adduction aux membres supérieurs et extension aux membres inférieurs). Les secousses myocloniques sont des valeurs localisatrice quand unilatérales L’EXAMEN DES YEUX Nous avons : Occlusion imparfaite unilatérale des paupières : paralysie faciale Clignement spontané : FRAA est encore partiellement fonctionnelle. Clignement à la menace : réactivité corticale. Déviation spontanée d’un globe oculaire : paralysie d’un nerf crânien Déviation conjuguée horizontale des yeux controlatérale à une hémiplégie : atteinte au-dessus de la protubérance (regarde sa lésion) Déviation conjuguée du côté de l’hémiplégie : lésion protubérantielle homolatérale L’EXAMEN DES PUPILLES Nous avons : La mydriase unilatérale : atteinte homolatérale des fibres parasympathiques du III (mydriase unilatérale active sans parésie oculomotrice : engagement temporal d’un processus expansif). La mydriase bilatérale : atteinte mésencéphalique ou anticholinergique (intoxication, médicaments) Le myosis unilatéral : atteinte homolatérale sympathiques entre C8–D1 et hypothal. Le myosis bilatéral : atteinte sympathique (hypothal) ou toxique (opiacés) Les mouvements réflexes : - Le réflexe oculo-céphalique (mouvements des yeux déviés dans le sens opposé au mouvement céphalique. - Le mouvement céphalique : c’est le phénomène des yeux de poupée) - Le réflexe oculo - vestibulaire (eau froide dans le CAE : nystagmus secousse rapide bat du côté opposé) .Si normaux, le tronc cérébral n’est pas lésé. VERIFICATION DE LA RESPIRATION a) La respiration périodique de cheynes Stokes : siège, partie haute du tronc cérébral (mésencéphale) ou du diencéphale (thalamus et hypothalamus). Evolue par cycles : la respiration s’amplifie progressivement puis décroit puis pause respiratoire b) L’hyperventilation neurogène centrale : Il a pour siège l’atteinte de la protubérance haute ; respiration régulière mais ample et rapide. c) La respiration apneustique de Kûssmaul : C’est une respiration entrecoupée de pauses à chaque inspiration ; il siège dans l’atteinte protubérantielle basse, pauses respiratoires en inspiration. D) La respiration ataxique : c’est une respiration irrégulière. Elle siège l’atteinte bulbaire et est irrégulière avec des pauses. L’arrêt est imminent. Les comas avec acidose (acidose diabétique, acidose lactique) : hyperventilations compensatrices. L’hyperventilation par une insuffisance respiratoire aiguë responsable du coma. EXAMEN GENERAL Il est : rapide mais ne doit négliger aucun système, recherche des éléments en faveurs de traumatisme (recherche de contusions, plaies ou hématomes), intoxication (trace d’injections au pli du coude ou au dos du pied, haleine éthylique). La température : pour tout coma fébrile (méningite, méningoencéphalique ou un neuropaludisme), le coma hypothermique qui est une pathologie métabolique (hypothyroïdie) ou toxique (barbit). NIVEAU DES LESIONS CEREBRALES SELON LE DIAMETRE PUPILAIRE CLASSIFICATION DES COMAS Le coma est classé suivant sa profondeur en 04 stades, on se basera sur cette classification selon les résultats de l’examen clinique. COMA DE STADE 1 ou STADE de l’OBNUBILATION ou COMA VIGIL : les réponses sont possibles aux stimulations répétées verbales et sensorielles, mouvements de défense adaptés contre la douleur. COMA DE STADE 2 ou COMA LEGER : c’est le stade de la disparition de la capacité d’éveil du sujet. Les réponses sont inadaptées aux stimulations nociceptives, pas de troubles neurovégétatifs. COMA DE STADE 3 ou COMA PROFOND ou COMA CARUS ou COMA AREATIF : il n’y a plus aucune réaction aux stimuli douloureux (mouvements de décérébration aux stimulations).Des troubles végétatifs peuvent apparaitre à ce stade. COMA DE STADE 4 ou COMA Dépassé : c’est un état de mort cérébrale ici il n’y a pas de réponse aux stimulations hypotonie, mydriase, abolition des fonctions végétatives. ECHELLE DE GLASGOW Le score de coma de Glasgow mesure l’altération de conscience sur 03 éléments : L’éveil comportemental, décrit par l’ouverture des yeux La communication de langage, décrite par la réponse verbale. L’altération de la motricité. Ouverture Réponse Réponse des yeux verbale motrice Spontanée 4 Normale 5 Sur ordre 6 A l’appel 3 Confuse 4 Orientée 5 A la 2 Mots 3 Flexion non 4 douleur orientée Aucune 1 Sons 2 Décortication 3 Aucune 1 Décérébration 2 Aucune 1 Coter chaque item, faire la somme : La normale est 15, le minimum est 3. De 8 à 13 : Somnolence, confusion De 3 à 7 : Coma Signes de décortication : signe de souffrance hémisphérique profonde atteignant la région diencéphalique .Il s’agit d’une flexion lente de l’avant-bras et du poignet avec extension des membres inférieurs. Signe de décérébration : signe une souffrance du tronc cérébral avec extension des bras, des poignets et des membres inférieurs. Au maximum il existe un opisthotonos. 2- EXAMENS PARACLINIQUES Bilan Biologique : systématique et immédiat La glycémie, l’ionogramme, l’urée créatinine, la calcémie La NFS, gaz du sang L’alcoolémie, recherche de toxique L’hémoculture si fièvre Le TDM systématique sauf étiologie évidente PL : surtout si signes méningés+ fièvre et en l’absence de focalisation EEG : pour éliminer un état de mal épileptique infra clinique 3-EVOLUTION ET PRONOSTIC Le pronostic et l’évolution dépendent de la cause du coma .Si la cause est curable, le coma est potentiellement réversible. N.B : Tout retard de prise en charge =risque de séquelles neurologiques ou de complications vitales (éviter ou traiter les agressions cérébrales secondaires d’origine systémique (ACSOS) 4-TRAITEMENT Réduire le PIC, éviter ou traiter les agressions cérébrales secondaires d’origine systémique. a) Le traitement symptomatique : mesures immédiates Nous avons : La réanimation La libération des voies aériennes supérieures : désobstruction laryngée, pulsation si nécessaire aspiration, oxygénothérapie voir intubation et ventilation assistée. Pose d’une voie d’abord périphérique systématique. Surveillance pluri quotidienne des constantes vitales, sous moniteur (PA , FC, FR, Oxymétrie , Diurèse , Température, examen neuro et Glasgow) En cas de coma prolongé : Matelas anti –escarres, mobilisation régulière et massage des points d’appui, sonde urinaire, soins des yeux, aspirations bronchiques, prévention des thromboses veineuses profondes par héparine de bas . B) TRAITEMENT ETIOLOGIQUE Injection de naloxone ( Narcan), hypoglycémie (après prélèvement plasmatique, amp IV de 30 cc de G30% puis d’une perfusion de serum glucosé hypertonique à 10% , en cas de crise comitiale : l’injection de diazépam( valium 10 mg ) ou de clonazepam( Rivotril, 1mg) sous surveilllance stricte de l’état respiratoire .
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