ECONOMIE Mai 2025 Les pensées économiques 0. Rappel + généralités Le système économique est le cadre juridique et politique dans lequel se déroule l’activité économique. Principaux systèmes économiques : Économie de marché (économie de marché « pure » + économie sociale de marché) Économie collectiviste (planifiée) Critères de classification des systèmes économiques : o Le régime de propriété des moyens de production o La coordination des activités individuelles o Priorités entre les objectifs individuels et collectifs 1. L’économie de marché pure Caractéristiques de l’économie de marché pure (libérale) : Garantie de la propriété privée des moyens de production Les citoyens ont les droits de propriété sur les biens acquis légitimement (les citoyens sont propriétaires de l’appareil de production). L’État est supposé ne jouer aucun rôle économique (il a le rôle d’Étatgendarme, rôle secondaire (défense nationale, police, relation avec l’étranger, …)). Coordination des activités individuelles Elle s’opère sur le marché. La liberté individuelle garantit une allocation optimale des ressources grâce au marché (chacun produit ce qu’il veut). C’est un système de signalisation : l’information s’opère essentiellement au moyen des prix, du marché et de la concurrence. Trois éléments essentiels de la coordination : 1. Le marché : Lieu d’échange des biens et des services produits par chaque agent. 2. Le prix : o Dépend de l’Offre et de la Demande o Signal (point de référence – sanction) o Sert à inciter ou décourager la production de certains produits 3. Concurrence : o Condition à la formation des prix o Interdiction d’accord entre agents o Système basé sur la compétition (plusieurs producteurs) Priorité entre les objectifs individuels et collectifs C’est une initiative privée prévaut sur l’initiative publique (liberté individuelle dans les limites légales) 1 ECONOMIE Mai 2025 Produire en maximisant le profit et/ou consommer en maximisant la satisfaction Définition de l’économie de marché pure (libérale) : C’est un système de décentralisation économique dont l’élément régulateur est le marché et les éléments moteurs l’intérêt personnel et la recherche du profit. Idéal théorique où le marché est laissé à son libre fonctionnement. Les attentes de l’économie de marché pure (libérale) : Approvisionnement correct des consommateurs Biens désirés en quantités suffisantes Utilisation rationnelle des ressources Coûts de production inférieure au prix de vente Les avantages de l’économie de marché pure (libérale) : La liberté individuelle Développement de la personne humaine L’intérêt personnel et la recherche du profit Stimulants de l’activité humaine + favoriser le progrès technique La concurrence Efficacité des entreprises + satisfaction des consommateurs Rémunération selon le mérite Les inconvénients de l’économie de marché pure (libérale) : L’exploitation des pauvres (faibles) par les riches (forts) inégalités Abandon d’activités publiques Non rentable (défense incendie, AVS, …) Crises – chômage Non-intervention de l’État L’économie de marché « pure » reste un modèle théorique. 2. L’économie sociale de marché Afin de corriger les excès et les inconvénients de l’économie de marché pure, l’État intervient de plus en plus. L’État-gendarme devient un État-providence. Exemples d’intervention de l’État : Correction des inégalités sociales par l’impôt subventions, allocations, bourses, … Encourager les activités d’intérêt générale non rentable subventions + l’État assure des tâches non rentables L’économie de marché est un système économique qui a longtemps concerné uniquement les pays dits développés. 3. L’économie planifiée Caractéristiques : Garantie de la propriété collective des moyens de production o Les moyens de production appartiennent à l’État o L’État se charge de satisfaire les besoins de la communauté o Prix, salaires, quantité de biens à produire sont fixés par l’État Coordination des activités collectives 2 ECONOMIE Mai 2025 o Tout est fixé dans le plan (volume de production et de consommation) Priorité entre les objectifs individuels et collectifs o Intérêt collectif prévaut sur les besoins individuels o L’industrie lourde est privilégiée aux biens de consommation. Définition de l’économie planifiée : C’est un système de centralisation économique dont l’élément régulateur est le plan et l’élément moteur l’autorité de l’État. Les avantages de l’économie planifiée : La stabilité conjoncturelle situation économique stable + l’État décide de tout Répartition équitable des revenus l’État répartit les revenus selon les besoins de chaque participant à l’activité économique La planification assure la croissance des secteurs les plus importants pour la collectivité Les inconvénients de l’économie planifiée : Libertés individuelles, politiques et économiques fortement restreintes Démotivation faible productivité, mauvaise qualité, frein à l’innovation, niveau de vie faible Difficulté à créer le plan nombre important d’éléments à tenir compte + beaucoup d’erreurs de planification Marchés parallèles (contrebandes) manque de certains biens + prix fixés par l’État Inadéquation entre les qualifications et les postes de travail le travail attribué ne correspond pas toujours aux qualifications de la personne Exemple : la Corée du Nord Dès la fin des années 1980, de plus en plus de pays passent à une économie de marché. 4. Le cas de la Suisse La Suisse connaît un système à économie de marché avec toutefois une intervention étatique assez importante. La Suisse : économie sociale de marché : Base du système : Liberté individuelle + marché libre Selon la Constitution : liberté d’association, liberté d’établissement, garantie de la propriété, liberté économique, liberté syndicale La Suisse : intervention de l’État : Assurer une justice sociale Impôts prélevés sur les riches plus élevés que sur les pauvres Mise à disposition de services gratuits (école) Mise à disposition de service non rentables et abandonnés par le privé (défende nationale, transports publics, …) Mise en place d’une sécurité sociale (AVS) Aménagement du territoire 3 ECONOMIE Mai 2025 Mesures afin d’assurer une évolution régulière de la conjoncture Obliger les entreprises à créer des réserves pour les périodes de crises Ce système n’élimine pas la pauvreté en Suisse working poor 5. Les pensées économiques 1. La pensée économique de la Grèce Antique : Dès le 6è me siè cle les philosophes ont essayé́ de trouver des explications au monde et aux phénomè mes naturels. La grè ce antique qui est divisé en plusieurs parties cherche l’autosuffisance (posséder une terre c’est important), l’autarcie (État d'un pays qui se suffit à lui-même ; économie fermée) et l’idéal d’autonomie. Être paysan, c’est un métier honorable car ils nourrissent le peuple et le rendent plus fort. Une des personnes importantes dans le développement de la Grè ce antique c’est Aristote, un philosophe grec précurseur du libéralisme (économie privé). Une autre des personnes importantes c’est Platon, précurseur du communisme (économie publique). Selon Aristote, la richesse n’est pas définie par la monnaie car c’est une richesse qu’on possè de mais elle ne nous empêche pas de mourir de faim. Pour lui, la richesse naturelle est celle de marchander car elle ne nous empêche pas de nous enrichir mais nous permet de survivre. Selon Platon, il faudrait qu’il y ait un systè me communiste qui vise à ce que toutes les richesses ou les biens quelques conques devraient être commun à tous. Actuellement, le rapport des gens à l’argent à changer car les gens vivent pour s’enrichir et ne s’enrichissent pas pour vivre. 2. La pensée économique des mercantilistes et des physiocrates (+Moyen-Âge) : Pendant le 12è me et 13è me le commerce se développe. Les juristes et les théologiens portent un intérêt pour le juste prix. Une des personnes importantes est Saint Thomas d’Aquin, religieux d’ordre dominicain célè bre pour son œuvre théologique où il explique que pour qu’un contrat soit parfait il faut que 1.-> le bénéfice fait sur l’objet ne doit pas être excessif, 2.-> La valeur doit être établie de maniè re honnête, 3.-> Le prix doit être librement consenti par l’acheteur. Il est reconnu comme un des principaux mai ̂tres de la philosophie scolastique. Influencé par Aristote, il prô ne la raison, il veut que les hommes commencent avec la raison au lieu d’avaler les paroles de l’église sans se poser de questions. Un autre personnnage important est John Lock, philosophe anglais du 17è me siè cle, considéré comme l’un des fondateurs de l’empirisme et du libéralisme. Il prô ne que tout le monde est égal et que les gens doivent vivre selon leurs moyens financiers. Grâce à cette période certaines choses vont changer comme : 1. Les penseurs de l’époque arrêtent d’associer économie et morale religieuse, 2. La richesse n’est plus condamnable, 3. L’enrichissement et la religion sont compatibles. La troisiè me personne importante est François Quesnay, médecin et économiste français. Il est connu pour la formation de l’école des physiocrates. Il apporte trois idées majeures : le découpage de la société en 3 classes économiques, la compréhension de l’économie comme un circuit et pour finir l’idée que l’économie peut se modéliser de façon globale. Le mercantilisme est une période marquée par des bouleversements qui font apparai ̂tre l’économie comme discipline autonome. Le mouvement physiocrate est un mouvement qui vise à détruire le mercantilisme. Ils prô nent La Liberté du commerce, du blé ou encore le développement de l’agriculture. 4 ECONOMIE Mai 2025 3. La pensée économique classique : L’école classique fondée par Adam Smith désigne les économistes du XVIIIè me et du XIXè me siè cle en Grande-Bretagne et en France. Les économistes classiques ont une réflexion approfondie sur la maniè re dont l’économie suit le développement rapide de la société industrielle et du capitalisme. Un des économistes classiques importants est Adam Smith, philosophe et économiste écossais qui est considéré comme le Pè re des sciences économiques modernes. Son livre, « La richesse des nations » est un des textes fondateurs du libéralisme économique. Il essaie avant tout de définir la notion de valeur d’un bien grâce à des facteurs objectifs comme le travail. Il divisera la valeur en 2 parties : la valeur d’usage et la valeur d’échange. Selon lui, contrairement au mercantilisme, la richesse ne se trouve pas dans l’or et la monnaie est un moyen pour faciliter les échanges. Il propose plusieurs théories comme par exemple la théorie de la main invisible, théorie selon laquelle l’ensemble des actions individuelles guidées uniquement par l’intérêt de chacun contribue au bien commun. Un autre économiste classique importants est David Ricardo, grand économiste anglais qui développera la théorie de la valeur selon laquelle, la valeur dépend de la rareté qu’il a fallu pour produire le bien en question. Selon lui pour faciliter et améliorer les échanges entre les pays, chaque pays devrait se spécialiser dans un domaine. Jean-Baptiste Say, grand économiste classique français qui a écrit » le Traité d’économie politique » dit qu’il est essentiel d’aider les entreprises pendant le chô mage et développe la théorie du libreéchange. Thomas Malthus, grand économiste britannique classique développe l’idée que la population augmente de 2 en 2 (2-4-6-8..) alors que les ressources augmentent de 1 en 1 (12-3-4...) ce qui mè ne à une surpopulation et donc à une catastrophe. 4. La pensée économique du Marxisme : Le marxisme est un mouvement qui se développe suite aux idées du philosophe allemand, Karl Marx. Karl Marx fonde le communisme. Selon lui, il faut mettre en commun les moyens de production et la valeur d’un bien ne dépend uniquement de la valeur qui y a été fourni (valeur-travail). Il s’oppose naturellement au capitalisme qui selon lui favorise les détenteurs de chai ̂ne de production au dépend de l’aliénation (travailler sans avoir le choix, pas de lien direct entre l’ouvrier le produit de son travail) Il dit que si le capitalisme est en pleine essor cela mè nera automatiquement à deux catégories de personnes : les bourgeois qui ont les entreprises et les salariés qui y travaillent. Cela déclenchera une révolte des salariés contre les bourgeois ce qui mè nera à une société sans classe sociale (communisme) et qui formera un modè le politique idéal. En opposition nous avons l’École de Cambridge, créé par Alfred Marshall qui s’inscrit dans le courant néo-classique qui fait suite à la seconde révolution industrielle. Les écoles néoclassiques ont une analyse scientifique et une connexion importante avec les maths. Alfred Marshall introduira les idées des écoles de Vienne et de Lausanne en Angleterre. Alfred Marshall qui étudie davantage la micro- économie forme John Maynard Keynes son élè ve qui étudiera la macro-économie. Il prô ne le capitalisme qu’il considè re comme efficace et il considè re la société comme des entité individuelles et non comme des classes sociales. Selon lui, il faut des propriétés privées et non une mise en commun. Il est le fondateur de la loi de l’offre et de la demande. Selon lui la valeur est définie par son utilité et par son coû t (comme dans l’économie classique) alors que au contraire Karl Marx pense que la valeur est définie par le travail. 5 ECONOMIE Mai 2025 5. La pensée économique néo-classique : La révolution marginaliste donne naissance au courant néoclassique. Trois écoles sont issues du marginalisme : l’École de Lausanne, l’École de Vienne et l’École de Cambridge. Léon Walras est un pionnier à l’origine des premières théories d’équilibre économique et du mouvement de « l’École de Lausanne ». C’est Vilfredo Pareto qui lui succède. En économie, le marginalisme est la théorie d’apèrs laquelle la valeur économique résulte de « l’utilité marginale ». Le principe central de l’économie néoclassique est de décrire la réalité sociale à partir du consommateur et du producteur. Le consommateur retire de la consommation de chaque bien une satisfaction, ce qu’on appelle l’utilité du bien. La satisfaction du producteur, c’est le produit de ses ventes et son désagrément induit par les coûts. Walras distingue trois types d’économie : l’économie pure, l’économie appliquée et l’économie sociale. L’économie pure s’appuie sur des concepts tirés de la réalité qui sont transformés en lois mathématiques. L’économie appliquée permet de gérer l’économie politique. L’économie sociale regroupe des mesures permettant d’empêcher la pauvreté et l’injustice, comme par exemple la création d’un salaire minimum. Le courant néoclassique est un mouvement de pensée libérale. L’État a un rôle faible. L’Église ne soutient pas des travaux se basant exclusivement sur une approche scientifique comme le fait Walras. Il a développé une loi, « Loi de Walras » : sur l’ensemble des marchés, la somme des demandes nettes est égale à zéro. Pareto décrète aussi sa loi, « Loi de Pareto » : 20% des causes sont responsables de 80% des effets (par ex. : 20% des clients sont responsables de 80% du chiffre d’affaires). Cette théorie permet d’apporter plus d’attention et de gagner du temps et de l’argent. 6. La pensée économique keynésienne : École Keynésienne a été créé par John Maynard Keynes, économiste anglais le plus influent au XXè me siè cle qui jouera un rô le important dans la mise en place des institutions de Bretton Woods (banque mondiale, fond monétaire international). Keynes a donné lieu au néokeynésianisme (synthè se entre néoclassique et keynésianisme) et au post-keynésianisme (keynésianisme avec toutes ses variantes). Il n’est pas d’accord avec la Loi de Say qui dit que l’argent rapporté par la vente d’un produit est utilisé pour acheter d’autres produits et que l’argent ne sert qu’à effectuer l’échange. Selon lui, les gens mettent de l’argent de côté car l’avenir est incertain (concept de précaution) et qu’ils mettent aussi de l’argent de cô té au cas où une bonne occasion de le dépenser ou de l’investir se présenterait (spéculation). Cela met de cô té la loi selon laquelle l’offre crée la demande. Le Krach Boursier de 1929 donnera lieu à la grande dépression (1929-1933) ce qui mè nera à une baisse de la consommation et à une augmentation du chô mage. « La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » de Keynes a comme objectif de ne pas laisser le marché s’autoréguler mais plutôt de laisser le gouvernement intervenir pour réguler l’économie en cas de crise. 7. La pensée économique des monétaristes : Milton Friedman, économiste capitaliste libéraliste américain trè s influent au 20è me siè cle est le fondateur du courant monétariste. La crise économique des années 30 provoquera une déflation et le choc pétrolier de 1973 (modification de l’offre du pétrole, disparition des activités industrielles et augmentation du taux de chô mage) provoquera une hausse de l’inflation. Milton remet la théorie de Keynes en selon laquelle la modification des taux d’intérêt et de la masse monétaire n’ont pas d’impact visible sur l’économie car selon lui, la 6 ECONOMIE Mai 2025 monnaie a de la valeur à court terme sur la production et à long terme sur l’inflation. Il créera la théorie de la fonction de la consommation : les ménages avec revenus élevés ont des revenus transitoires élevés consomment qu’une petite partie de leur revenu alors que les ménages ayant un revenu plus faible et qui auront un revenu transitoire négatif consommeront + que ce qu’ils gagnent alors les revenus transitoires de la population se compenserait mutuellement. Il faudrait toujours revenir aux fondamentaux économiques de Milton Friedman, c’est- à -dire l’indépendance des banques centrales, la coordination en matiè re climatique, monétaire et commerciale ou encore l’équilibre des finances publiques. Selon lui, la monnaie est l’objet le plus puissant et le plus efficace de la politique économique mais elle doit être maniée par une banque centrale avec une infini précaution et en toute liberté pour une crédibilité envers les marchés. 8. économie de marché pure : C’est un idéal théorique où le marché est laissé à son libre fonctionnement. L’élément régulateur est le marché et les éléments moteurs sont l’intérêt personnel et la recherche du profit. (Systè me de décentralisation économique). L’économie de marché pure reste un modè le théorique, dans la réalité, les économies de marché ne connaissent pas de situations purement concurrentielles. Les attentes de l’économie de marché pure sont que : les biens désirés soient proposé en quantités suffisantes et que les coû ts de production soient inférieurs au prix de vente. Les avantages sont : la liberté individuelle, l’intérêt personnel et la recherche du profit, la concurrence et la rémunération (selon le mérite). Les désavantages sont : l’exploitation des pauvres par les riches, l’abandon d’activités publiques et les criseschô mage. Afin de corriger les excè s et les inconvénients de l’économie de marché pure, l’État intervient de + en + (correction des inégalités sociales par l’impô t et encouragement des activités d’intérêt général non rentable). Exemple actuel : Suisse 9. économie planifiée : C’est un systè me dont l’élément régulateur est le plan et l’élément moteur est l’autorité de l’État. (Systè me de centralisation économique). Les avantages de l’économie planifiée sont une stabilité conjecturelle, répartition équitable des revenus et le fait d’assurer la croissance des secteurs les + importants pour la collectivité. Les désavantages sont que les libertés individuelles sont fortement restreintes, qu’une démotivation-absence d’intérêt personnel est présentes, qu’il y a une difficulté considérable à créer un plan, qu’il y a des marchés parallè les et qu’il il y une inadéquation entre les qualifications et les postes de travail. Exemple actuel : Corée du Nord 7
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