POUR L'ÉDUCATION INTÉGRALE PHYSIQUE, INTELLECTUELLE ET MORALE EN VENTE A LA MÊME LIBRAIRiE Paucot. —Les Fins générales de l'Education et le Progrès humain. i vol. broché 9 fr. Fontaine.- Pourqu'or,sacheleFrançais. 8 fr. i vol. broché Gai. —Pas à pas (Du fait à l'idée). i vol. broché 8 fr. Gai. —i. 2. 3. 4. Pédagogie du Calcul. i vol. broché 9 fr. Mle Blllotey. — Autour de l'Ecole Maternelle. i vol. broché 7.20 P. Lazerges. - LesGrandisHypothèses. de la Science moderne. i vol. broché . . . . . 9 fr. Pécaut. —Ell Marge de la Pédagogie. 8 fr. i vol. broché Capitaine Brandt. —Pour la beauté physique de ton enfant. Gymnastique figurative. 15 fr. i vol. broché M". Montefiore. — La Gymnastique joyeuse. i vol. br. 9 fr. —Relié. 10.50 M*"Lebigot et Coquere-lle. —Pour rtndre vos enfants souples et gracieux. i vol. br. 7 fr. —Relié. 10.50 Copyrith by Fernand Nathan 1928 Bibliothèque des Éducateurs POUR LEDUCATION INTÉGRALE PHYSIQUE / * INTELLECTUELLE ET MORALE F PAR GOTTELAND AGRÉGÉ DES LETTRES DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DES BEAUX-ARTS ET DES ANTIQUITÉS AU MAROC. PARIS FERNAND. NATHAN, ÉDITEUR 16, RUE DES FOSSÉS-SAINTJACQUES 1938 Tousdroits réiarvés. INTRODUCTION « ÉDUCATION PHYSIQUE » ET « ÉDUCATION... TOUT COURT. » Pourquoi l'éducation physique n'a-t-elle pas encore trouvé dans nos écoles la place qui lui est due ? C'est que l'éducation même, au sens large et fort du mot, l'éducation complète, physique, intellectuelle et morale, est encore à peu près exclue de nos préoccupations universitaires. Telle est la conviction, acquise par une observation attentive des .réalités scolaires, qui inspire ce petit livre. Professeurs et instituteurs, nous sommes, nous voulons être avant tout des « instructeurs »,v non des « éducateurs ». Dans nos écoles, de la plus humble à la plus haute, la préoccupation dominante est d'enseigner quelque chose, non de former quelqu'un. Dès l'école maternelle, malgré les efforts de quelques pédagogues audacieux, l'essentiel est toujours d'apprendre a lire et à écrire d'abord. A l'Ecole Polytechnique, l'essentiel est toujours de bien posséder un certain nombre de cours. Cependant tout a été dit et répété sur la vanité des programmes démesurés, sur la supériorité des têtes moins pleines, mais mieuxfaites. Tout semble avoir été dit en vain. Depuis vingt-cinq ans, en dépit des affirmations contraires, toutes nos révisions de programmes ont été. au total, des accroissements de programmes. Toutes les tentatives de réorganisation scolaire se sont traduites finalement par la substitution de plans d'études plus complexes et plus chargés, plus tyranniques pour l'élève et pour le maître, à des plans d'études relativement moins lourds, plus simples, plus « libéraux ». Au cours de cette évolution récente, non seulement on n'a pas trouvé le moyen de réserver à l'éducation physique son rôle, mais on a, de plus en plus, réduit les possibilités, pour tous les maîtres, de conserver à leur enseignement un caractère avant tout «éducatif ». Ce n'est pas l'éducation physique seule, c'est l'éducation morale, c'est l'éducation intellectuelle même, qui sont deplus enplus sacrifiées à la nécessitéd'aller vite, de «voir sonprogramme », de dire l'essentiel de chaque question ; on n'a pas de temps à perdre : or pour former un esprit, plus exactement pour% éduquer un enfant, au moral commeau physique, il est nécessaire de ne pas être pressé, ou, si l'on veut, d'avoir beaucoup de temps à perdre. Si nous voulons vraiment nepas nous contenter de nos tâches d'instructeurs à la journée, ou à la petite semaine, si nous voulons restaurer dans leur dignité et dans leur efficacité nos jonctions d'éducateurs, notre premier soin sera de nous mettre à la recherche du temps perdu. Que l'éducation morale de la jeunesse n'ait pas prisjusqu'ici dans nos préoccupations pédagogiques une place prépondérante, il ne semble pas qu'on puisse le contester. Distinguons cependant ici l'enseignement primaire du secondaire. Dans le premier, officiellement, l'enseignement de la morale est ce qu'il doit être ; les Instructions Ministérielles qui en traitent le font en termes excellents. Remarquons toutefois, que la formation morale elle-même prend ici la forme d'un enseignement, d'un cours, d'une série de leçons : on traite pendant vingt minutes avec plus ou moins de bonheur le sujet prévu par la répartition mensuelle, puis on est quitte envers la morale et on passe au calcul. Or la préoccupation de l'éducation morale (comme celle de l'éducation intellectuelle, comme celle de l'éducation physique) doit, en bonne pédagogie, être permanente, etprésider à tous les exercices, à tous les moments de la vie scolaire : chez quelques excellents maîtres, éducateurs nés, il en est bien ainsi... combien sont-ils? La leçon règlementaire elle-même, cette petite causerie du début de lajoui,née, si difficile à réussir d'ailleurs, est si rarement bien faite ; il jaut avoir vu, sur d'innombrables cahiers du Cours élémentaire ou du Cours Moyen, ces « résumés de morale » qui * présentent sur le même pied, à l'aide des mêmes formules, le devoir de respecter ses parents, de leur obéir, et l'obligation de « rompre son pain avec ses doigts » et de « ne pas plier sa serviette après, le repas (sic) ». Iljaut avoir, en inspection, vuécourter et, si onlaissefait-e, escamoter, cette leçon demorale, pour courir à la leçon, de calcul, ou de lecture, ou de choses. Manifestement le maître pense, la plupart du temps : « Faire un problème, faire une dictée, voilà du travail utile : ne perdons pas notre temps... » Comment s'étonner ensuite qu'il traite encore plus mal la leçon d'éducation physique ? Dans renseignement secondaire le mal est incontestablementplus profond : en très grande majorité, les professeurs sont convaincus que le soin deformer moralement les adolescents qui leur sont confiés ne leur incombe en aucune manière. Ils ne semblent pas se douter un seul instant que leur fonction comporte pour eux obligation stricte de saisir toutes les occasions —et la vie scolaire les offre nombreuses — d'inculquer à leurs élèves les notions fondamentales de devoir, d'honneur, de délicatesse, de politesse, de respect de soi-même et d'aulrui, d'exiger en toutes circonstances l'observance des lois morales : il suffit de constater combien ils répugnent à combattre les fraudes et tromperies qui sévissent presque partout, dans la préparation des devoirs, dans la récitation des leçons, dans les compositions, dans les examens. — S'ils se désintéressent ainsi des imperfections morales, comment s'inquiéteraient-ils des défauts physiques ? S'ils ne prennent pas la peine de lutter contre l'habi- tude du mensonge, comment s'astreindraient-ils à lutter contre l'habitude des mauvais maintiens, épaules voûtées, colonnes vertébrales déviées ? S'ils ' ne s'inquiètent pas de constater que tel enfant, jusque là ouvert et confiant, devient hypocrite etjermé, pourquoi prêteraient-ils attention à tel autre qui s'anérnie ? Le mal est si projond que si d'aventure quelqu'un de mes collègues de l'enseignement secondaire lit ces lignes, il pensera : « Sans doute, rien de tout cela ne me regarde:: je suis payé pour donner à ces élèves cinq heures de latin, ou quatre heures de mathématiques je les donne et c'est tout. » Du moins, il s'imagine, de bonne foi, la plupart du temps, que ces heures de mathématiques ou de latin, ils les donne telles qu'elles doivent être données ; la plupart du temps, il se trompe : la préoccupation de l'éducation intellectuelle, l'application à modeler un esprit, et non à enseigner des choses, est généralement absente de ces heures d'enseignement. Explique-t-on un texte, latin, jrançais, anglais ? Les meilleursprofesseurs savent en extraire tout ce qu'il renferme d'utile pour l'apprentissage de la langue, pou?' la connaissance des hommes et des choses, des temps et des lieux : bien rares ceux qui, allant, même d'une incursion rapide, jusqu'au fond du texte, à la pensée de l'auteur, en rapportent à leurs élèves quelque vérité éternelle, quelque émotion sincère ; l'élève sort decette clagseplus riche de grammaire, de vocabulaire, de géographie ou d'histoire, et je sais loin de prétendre que ce soit négligeable, etje sais que c'est tout ce qu'ilfaut pour le baccalauréat ; mais est-ce là tout ? En sort-il meilleur? Je me garderai d'effleurer la question de l'éducation intellectuelle par les enseignements scientifiques, qui n'est pas de ma compétence : combien de fois cependant laJaçon de traiter unproblème paraît-elle dictée par la seule recherche du résultat, alors que, semble-t-il, ce qui importe surtout ici, c'est la méthode, le choix entre deux méthodes, les raisons de ce choix ; les meilleurs maîtres ne négligent pas d'entrer, en passant, dans de telles considérations : ils devraient les placer au centre de leurs leçons. —Mais onpréfère résoudre coup sur coup deux ou trois problèmes du même type, bon entraînement mécanique à l'examen, que d'en examiner un seul, à loisir et à fond. Si nous ne sommes pas suffisamment des éducateurs, c'est peut-être que nous n'avons pas voulu l'être, certainement aussi c'est que, dans l'état actuel de notre organisation universitaire et de notre régimescolaire, nous ne le pouvons pas. Certaines difficultés que nous rencontrons à organiser l'éducation physique, nous en traiterons plus en détail dans cet opuscule. Mais il y a lieu d'indiquer ici que les difficultés principales ne sont pas spéciales à l'éducation physique : elles gênent au même titre tous les modes proprement éducatifs de l'activité pédagogique. Il est remarquable, en effet, que ce n'est pas la seule éducation physique qui est réduite à la portion congrue, dans nos écoles, ce sont au même titre tous les exercices purement éducatifs, ceux qui ne comportent pas une progression concrète du même ordre que les « matières » d'enseignement proprement dites, ceux qui ne visent et ne servent qu'à façonner l'homme dans l'enfant et l'âme dans l'homme, savoir le dessin, la musique, la gymnastique. Le dessin, mode d'expression universel, scientifique, artistique, documentaire, le dessin, discipline de l'œil qui apprend à voir, de la main qui apprend à exécuter, de l'esprit qui apprend à choisir, à décider, à vérifier, le dessin, auxiliaire indispensable de tous les métiers, de toutes les techniques, sténographie expressive et personnelle, capable de fixer et de communiquer aux autres tout ce que nous avons dans l'esprit ou dans l'âme, depuis l'éinotionfugitive ressentie un soir devant un arbre au coucher du soleil, jusqu'à la machine merveilleuse conçue par l'inventeur, le dessin, matière « secondaire » ou, comme on dit encore, «accessoire », et par conséquent, ajoute-t-on vile, «facultative ». Accessoire et facultative aussi, la musique, source à lafois et expression des grandes émotions, collectives ou personnelles, la musique qui plus encore que le théâtre « purge les passions » selon le mot d'Aristote, qui, en tout cas, les enrichit et les ennoblit, et qui seule peut unir dans une harmonieuse communion de sentiment tous les hommes. Comment s'étonner que la gymnastique à son tour (nous dirons plus loin pourquoi nous n'établissons pas de distinction entre la vraie gymnastique et la véritable éducation physique) ait été classée comme matière facultative, accessoire, sans intérêt, sans importance ? la gymnastique, seule discipline qui fortifie funité de l'être vivant, au lieu de la dissoudre par des analyses arbitraires, condition nécessaire d'un développement harmonieux, conditionpremière d'une solide formation intellectuelle et morale. Gymnastique, Musique, Dessin sont pratiquement bannis de nos classes secondaires. Ils sont loin de jouer le grand rôle qui leur convient à l'école primaire qui toutefois ne les ignore pas. Si l'on yjoint le bon usage de la langue maternelle (qui ne comporte pas seulement des exercices de grammaire, mais aussi, mais surtout l'apprentissage du calcul, des exercices d'observation, et des leçons de choses) on obtient un quadrivium qui est bien près d'être le tout de l'école élémentaire. Ce serait, on le voit, une formule assez différente du « lire, écrire et compter », plus différente encore de nos ambitieux programmes, au niveau desquelsse hausse à grand peine la petite minorité d'élèves de l'école primaire qui trouve accès au certificat d'études. Si nous considérons nonplus la matière ou l'objet de notre enseignement, mais ses méthodes, nous y apercevons des raisons nouvelles qui expliquent pourquoi l'éducation physique, comme le dessin, comme la musique, est tenue en suspicion aussi bien par les familles que par les maîtres. Onva à l'école pour travailler. Chanter, dessiner, danser, ce n'est pas du travail, mais de la récréation. Travailler, c'est lire et écrire, écrire surtout. Toutenseignement qui ne comporte pas la tenue d'un cahier, et l'obligation d'écrire, n'est pas un enseignement. Conséquence : tout le temps qui n'est pas passé dans la classe, à lire ou à écrire (à la rigueur à écouter le maître, n'est-ce pas ?), est du temps perdu. Conséquence : une classe-promenade, une promenade géographique, unevisitedemusée, d'usine, uneséance d'éducation physique ou sportive, tout cela ce sont des amusements, ce n'est pas sérieux, on n'envoie pas les enfants à l'école pour ça, on ne paye pas les instituteurs et les professeurs pour ça. On en veut pour son argent : qae l'élève ait un cartable plein de livres et de cahiers, qu'il sache par cœur beaucoup, beaucoup de choses. Eh bien ! Il faut proclamer hautement, et il faut démontrer que le temps passé par nos enfants à se perjectionner dans les exercices physiques, dans le chant, dans ledessin, est le temps le mieux employé de leur vie scolaire, si les maîtres qui dirigent ces exercices sont ce qu'ils doivent être, non des marchands de spécialités de seconde zône, mais de vrais éducateurs. Onpeut aller plus loin : seules les heures d'école consacrées à l'éducation proprement dite sont certainement utiles. En ce qui concerne l'instruction, il est impossible de prévoir, au delà des premiers éléments de toutes les sciences, de quoi tel enfant aura besoin un jour. On ne saurait trop insister sur cepoint. Le désir naïf des familles serait qu'on donnât à leurs fils précisément les connaissances dont ils auront besoin à leurs débuts dans la vie. C'est un vœu (ou plus souvent une exigence) absurde. Ni l'enjant, ni ses parents ne savent d'avance de quoi il aura exactement besoin. Le désir cependant de satisfaire ces demandes, que l'on semble considérer à tort comme légitimes, nous a conduits d'une part, à surcharger nos programmes d'unefaçon intensive, d'autre part à éliminer peu à peu les enseignements de culture, grec, latin, de la même façon etpour les mêmes raisons que musique, dessin, gymnastique, par négligence de l'éducation véritable, par préoccupation des techniques utiles. Dans le sens où l'on peut admettre que le latin «ne sert à rien », combien n'est-il pas plus vrai de dire que la plupart des choses enseignées au Lycée ne servent à rien ? Combien de ces jeunes gens qui ont passé plusieurs heures par semaine pendant sept ans à étudier l'anglais ou l'allemand, ou les deux ensemble, ont eu une seulejois l'occasion de se servir deleur allemand ou de leur anglais ? La vérité est qu'il n'y a d'enseignement possible qu'un enseignement éducatif, que les matières d'un programme ne devraient être choisies qu'en fonction de leur valeur éducative, qu'elles ne devraient être enseignées qu'en vue de laformation de l'esprit, non en 1Juede l'acquisition des connaissances. Il est vrai que l'une ne va pas sans l'autre. Mais l'acquisition des connaissances effectivement utiles ou nécessaires dans la profession ou le métier, nepeut pas sejaire à l'école : elle sefait pendant les mois ou les années d'un apprentissage auquel on est peu ou prou préparé, mais qu'on n'évite pas. Le jeune ingénieur jrais émoulu de Polytechnique, le jeune agrégé qui débute dans un lycée, si spéciale qu'ait été leur préparation, ne savent à peu près rien de leur métier : il suffit qu'ils soient en état de l'acquérir vite et bien. Pour l'un comme pour l'autre, comme pour tout individu, c'est une question d'éducation préalable, non seulement d'éducation intellectuelle, dejormation de l'esprit, mais aussi, mais également, d'éducation morale et physique : il faut qu'ils aient la volonté de bien faire leur métier, et d'abord de l'apprendre ; ilfaut qu'ils l'abordent physiquement en état "de travailler et de donner tout leur effort. Si tel est bien l'objet de l'enseignement, si telles sont ses possibilités, comment doit-on établir des plans d'études, arrêter des programmes, fixer des horaires ? Jusqu'ici, à en juger par le résultat, la méthode a été la suivante : on a demandé à des spécialistes éminents de chaque matière leurs programmes : on a laborieusement ajusté les unes aux autres ces pièces disparates, concilié ces prétentions contradictoires ; puis le total d'heures de classe ainsi obtenu, on s'est efforcé de le faire tenir dans la semaine de l'écolier. En rognant encore sur lepeu de temps qui avait pu être primitivement concédé aux enseignements « accessoires », en récupérant des heures sur le peu de temps qu'on avait d'abord eu l'intention louable de résewer à la récréation, à l'étude, à la lecture personnelle, on obtient des horaires possibles, mais effarants. Peul-on suggérer que la méthode rationnelle serait diamétralement opposée à celle-là ? Arrêter d'abord avec soin pour chaque classe, c'est-à-dire pour chaque âge, un emploi du temps raisonnable de la semaine et de la journée. Pour nous en tenir à la préoccupation qui a dicté ce petil livre, poser par exemple ces règles : qu'il y aura tous les jours pour tous les groupes d'élèves uneséance d'éducation physique d'environ une demiheure ; toutes les semaines, une demi-journée d'éducationsportive sur le terrain dejeu ; —que ces séan\ ces ne se confondent pas avec les récréations ; .... qu elles doivent être placées aux heures favorables suivant les saisons. < Un cadre et des règles d'emploi du temps étant ainsi définis, on ne se laisse aller, en aucun cas, el enfreindre l'une des règles, ou à déborder le cadre. Onse trouve alors conduit à ne conserver, de toutes les matières d'enseignement, que lesplus nécessaires. c'est-à-dire les plus éducatives, et dans chaque. matière à se borner à l'essentiel, c'est-à-dire aux éléments d'abord, aux méthodes ensuite. Iljaudrait enunmotsubordonnerlesprogrammes aux horaires, et non les horaires aux programmes. En attendant mieux, même avec les programmes et les horaires actuels, il n'est pas inconcevable que l'on élargisse la place faite dans notre enseignement secondaireà l'éducation générale, à l'éducation physique, aux méthodes de la pédagogie active, concrète et vivante. L'étendue du programme fixé n'est pas le seul élément dont ilfaille tenir compte dans fagencement des emplois du temps. Le nombre et la jorce des élèves, l'activité et les méthodes du projesseur, l'organisation même duservicejouent, dans lapratique, un rôle important. Tout professeur expérimenté sait qu'une heure ne vaut pas toujours une heure ; il y a des heures qui sont fructueuses, d'autres qui le sont infiniment moins : on ne jait pas, de 15 à 16 heures, ce qu'on peutfaire de 8 à 9 ; on n'obtient pas le samedi après-midi ce qu'on obtient au début de la semaine ; l'ordre même dans lequel tes professeurs sont appelés à se succéder n'est pas sans influence sur le rendement du travail. Il n'y a donc pas une relation constante et nécessaire entre le nombre d'heures de classes allouées et les résultats obtenus. Or, ces résultats seuls importent ; n'est-il pas possible de les maintenir ait niveau voulu, sans avoir le fétichisme du total des heures de classe ? N'esl-it pas possible, sans toucher aux programmes, mais enfaisant appelà d'autres méthodes d'organisation et de travail, de réduire les heures de classes proprement dites ? Si l'on veut réduire les horaires de l'enseignement secondaire à un nombre d'heures qui évite aux élèves tout surmenage, qui leur laisse les loisirs nécessaires aa travail personnel, au repos, et aux exercices -physiques quotidiens, il importe que les heures de classe soient exactement remplies sans perte de temps. Sil'on examine de près comment sont employées actuellement, dans la majorité des cas, ces heures de classe, on constate que de nombreux quarts d'heure pourraient être mieux utilisés qu'ils ne le sont : il s'agit du temps passé en classe par les élèves à écrire sous la dictée du maître. ' - Dans l'ensemble, le temps passé à écrire en classe est, dansl'enseignement secondaire, du tempsgâché. Le tempsréellement consacré à un enseignement, ce ne sont pas les heures que professeur et -élèves passent enfermés dans la mêmeclasse ; ce sont les - , heures vivantes pendant lesquelles professeurs et' élèves sont également actifs. Les moments d'activité ralentie sont-ils quantité négligeable ? Nous ne le pensons pas. Ils représenlent, suivant le professeur, la classe, la matière enseignée, du -tiers au cinquième du temps total, — . engros, de 20 .à 10minutespar heure, enmoyenne du25 "/o : par exemple, pour une matière comportant quatre heures declasse par semaine, une heure aura finalement été consacrée àécrire en classe. Est-il impossible d'imaginer un remède à cette situation, de mettre entre les mains, des élèves tout ce que leurs professeurs désirent qu'ils. aient et qu'ils gardent, sous uneforme nette, correcte et réellement utilisable, tout en libérant la classe de travaux inutiles, en rendant à l'enseignement, c'est- à-dire à la parole vivante du professeur, toutes les heures dont il a besoin ? Il semble au contraire que rien ne soit plus aisé. Les vieux procédés de polycopie dont tous les bons professeurs se sont longtemps servi pour alléger leur classe ont été extrêmement perfectionnés. Les divers systèmes modernes de duplicateurs permettent d'obtenir jacilement et rapidement autant d'exemplaires qu'il est nécessaire d'un texte donné. Il suffirait d'en généraliser et d'en prescrire l'usage dans les établissements d'enseignement secondaire. Concluons 'qu'il est possible de réaliser, toutes choses égales d'ailleurs, nous voulons dire, pour des programmes identiques, une réduction moyenne de noshoraires de24 à 18heures, oude 20à 15heures. Réduire à 15 heures par semaine nos horaires de 20 heures, à 18 ceux de 24 heures, c'est libérer nos après-midi complètement dans la plupart des classes, presque complètement dans les classes d'examens : cinq matinées de 3 heures de classe pour les unes, six matinées de 3 heures, ou cinq de 4 heures, ou toute autre combinaison, pour les autres. Cette réduction des heures de classe assise permettrait d'introduire enfin dans notre enseignement secondaire des séances d'études ou d'exercices à l'extérieur. Le besoin de cette innovation dans nos mœurs scolaires est évident : il est loin d'être limité aux récentes et légitimes revendications de l'éducation physique et sportive. A notice avis, il s'étend à tous TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION : Éducation physique et éducation tout court 7 PREMIÈRE PARTIE UNE TRADITION PÉDAGOGIQUE CHAPITRE I. — Platon et les Grecs CHAPITRE II. — Rousseau CHAPITRE 111. — Les idées modernes 29 45 54 DEUXIÈME PARTIE UN CHAOS DE TENDANCES Que faut-il entendre par ces mots : Éducation physique CHAPITRE I. — Éducation physique et préparation militaire CHAPITRE II. — Gymnastique, sports et athlétisme. 70 73 85 TROISiÈME PARTIE LES RÉALISATIONS POSSIBLES CHAPITRE I. — Esquisse d'une éducation physique universitaire io4 CHAPITRE II. — Dans l'enseignement secondaire: . 127 CHAPITRE III. — De la formation des professeurs . . 152 d'éducation physique. CONCLUSION. —Que f a i r e ? . . . . V - 184 ABBEVILLE. — IMPRIMERIE F. PAIILAUT. -F-Ï6-2^. ¡ f 1 i J. Participant d’une démarche de transmission de fictions ou de savoirs rendus difficiles d’accès par le temps, cette édition numérique redonne vie à une œuvre existant jusqu’alors uniquement sur un support imprimé, conformément à la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation des Livres Indisponibles du XXe siècle. Cette édition numérique a été réalisée à partir d’un support physique parfois ancien conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal. Elle peut donc reproduire, au-delà du texte lui-même, des éléments propres à l’exemplaire qui a servi à la numérisation. Cette édition numérique a été fabriquée par la société FeniXX au format PDF. La couverture reproduit celle du livre original conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal. * La société FeniXX diffuse cette édition numérique en accord avec l’éditeur du livre original, qui dispose d’une licence exclusive confiée par la Sofia ‒ Société Française des Intérêts des Auteurs de l’Écrit ‒ dans le cadre de la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012.
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