RESUME : Manon des Sources: L'eau des collines. Tome II P 5-8 Attilio arrive d’Antibes en motocyclette pour inspecter la source, mesure un débit de 40 m³/j et recommande d’arracher les oliviers gourmands, de poser un grillage antilapins et de labourer profondément. Le Papet, Ugolin et lui organisent le matériel (mulets, paillassons, baguettes, engrais) et chiffrent l’investissement (7 000–8 000 francs). À déjeuner, Attilio fait l’éloge poétique des œillets et critique la gestion d’Antibes, puis promet de revenir dans trois mois avec les boutures offertes par son père. P8-10 Après avoir défriché les pinèdes et arraché les oliviers centenaires (cinq semaines de travail), Ugolin comble aussi le puits de Jean et laboure à la pioche six semaines durant, puis pose une clôture anti-lapins pour 1 680 francs. En mai, Attilio revient, installe les premiers vaseaux et forme l’équipe : lui trace les cordeaux, Ugolin modèle, le Papet affine. Ugolin et Attilio partent à Marseille voir M. Trémelat, courtier prêt à acheter toute la production « au cours du jour » si la qualité est au rendez-vous, avec expéditions trois fois par semaine. La première récolte d’œillets, malgré deux gelées, rembourse les frais et rapporte 120 louis, mais M. Trémelat impose −5 % pour mauvaises présentations : Ugolin regrette ce manque, le Papet s’épuise à chercher la botte idéale. P11-14 L’incroyable succès de la plantation fait jaser le village : le transport rapporte plus de 600 francs par semaine, et la seconde récolte, grâce aux gelées sur la Côte d’Azur, triple le prix des œillets. Ugolin engrange 260 pièces d’or et cache son trésor sous une pierre, feignant de l’avoir mis à la banque pour détourner les voleurs. Obsédé par la sécurité, il évite les fêtes, redoute gel, mistral et lapins géants ; le Papet le coiffe parfois pour qu’il ne paraisse pas négligé. Au Cercle, on l’interroge sur ses fleurs : certains vantent la source retrouvée par “le pauvre bossu” (Jean), d’autres soulignent l’importance de l’eau et des fêtes (Noël, Pâques). Le vallon transformé ondulant de fleurs et le bassin creusé rappellent que Jean de Florette a définitivement disparu : son rêve a mûri sans lui, laissé place à une nouvelle prospérité. P15-19 Manon, sa mère Aimée et Baptistine vivent isolées dans une grotte du Plantier, qu’elles ont transformée en refuge chaleureux avec les meubles des Romarins. Aimée, traumatisée par la mort de son mari, oscille entre lucidité et délire : elle parle seule, se prend pour une ancienne cantatrice, écrit à d’anciens « amis » imaginaires, et ne reçoit jamais de réponse. Manon s’occupe d’un élevage de lapins nourris avec des courges d’Asie qu’elle cultive, qu’elle vend ensuite grâce à une revendeuse. Baptistine, devenue très âgée, travaille sans relâche : elle tient le potager, fabrique des fromages, des paniers, trie des plantes médicinales, dont une interdite (la rue). La famille vit en autosuffisance grâce à la source. Les frères Enzo et Giacomo leur rendent parfois visite, apportent vivres et bois, aident aux travaux et laissent derrière eux un sentiment de sécurité. P19-23 Manon, devient d age de 15 ans, vit seule avec sa mère dans les collines provençales. Malgré son jeune âge, elle est très mûre. Elle porte des vêtements faits de vieux costumes de théâtre, ce qui lui donne une allure originale et presque magique. Fière de son apparence, elle est admirée par les hommes du village qui la comparent à une beauté dangereuse. Chaque matin, elle part avec son troupeau de chèvres, son ânesse, et son chien. Dans son sac, elle emporte des outils, un peu de nourriture, quelques livres, et des objets précieux liés à son père disparu. Elle vit au rythme de la nature, installe des pièges, cueille des plantes, lit sur un plateau isolé où trône un vieux sorbier que son père avait surnommé « sa statue en bois ». Manon aime rester seule, observer les braconniers de loin, et jouer de l’harmonica face à l’écho, comme si elle communiquait avec l’esprit de son père. Elle se rend parfois à Aubagne pour vendre des plantes et faire des courses, mais elle déteste cette ville bruyante, sale, et oppressante. Elle y est aussi mal à l’aise à cause des regards insistants. Fidèle à ses racines, Manon rejette la vie urbaine et rêve de rester bergère. Elle imagine que, si elle devait un jour se marier, ce serait avec un homme riche qui l’aiderait à racheter les Romarins, le domaine de son père, et à faire jaillir à nouveau la source volée. P24-29 Le village voit l’arrivée d’un jeune curé ancien légionnaire, sévère mais apprécié pour son accent provençal, et d’un nouvel instituteur passionné de minéralogie, accueilli en grande pompe avec sa mère Magali. Chaque soir, les notables — Papet, Ugolin, forgeron, boulanger, instituteur, exnotaire Belloiseau, etc. — se retrouvent au Cercle pour l’apéritif, lisent le journal, débattent politique, potins et jouent aux boules. M. Belloiseau, vieil estivant devenu retraité, amuse la galerie avec son chapeauéprouvette et sa bonne Célestine. Ugolin est encouragé à rester « social » pour ne pas devenir un sauvage. Ces scènes établissent la vie communautaire, les alliances et commérages autour de Manon et de la colline, posant le décor des tensions sociales et des intrigues à venir. P30-35 Un matin, Manon observe un jeune “chercheur d’or” fouiller les éboulis, casser des cailloux au marteau-lorgnette, puis s’installer sous son sorbier pour déjeuner avec l’ânesse et le chien Bicou comme compagnons. Intriguée, elle grimpe dans l’arbre, suit ses gestes et récupère le couteau multifonctions qu’il oublie, hésitant entre le rendre ou le garder. Plus tard, l’instituteur descend la pente et croise un vieux paysan des Ombrées qui cueille des asperges : c’est lui “la fille des sources” qu’il décrit avec respect, sans jamais rien demander, et à qui il offre son vin. Ce passage installe le mystère du visiteur solitaire, renforce la bienveillance et la curiosité de Manon, et célèbre sa réputation de “fille des sources” auprès des anciens. P36-43 Le soir, au Café-Cercle, les « mécréants » – Papet, Ugolin, Philoxéne, Casimir, Claudius, Belloiseau et l’instituteur – jouent à la manille en commentant bruyamment politique et potins. L’instituteur évoque la « fille des sources » : on confirme qu’il s’agit de Manon, adolescente sauvage (12–16 ans) que personne ne voit jamais et que l’on admire pour sa liberté. Pamphile raconte comment, la veille, il l’a vue courir devant l’orage, cheveux d’or au vent, et envoie rires et exclamations : Manon n’a peur de rien. Mme Amélie, la femme de Pamphile, furieuse d’avoir été raillée, jette une marmite de ragoût fumant sur la terrasse, provoquant une bagarre de chiens et un éclat de rire général. P44-50 Ugolin et le Papet reçoivent M. Trémelat pour solder quatre mois de commerce d’œillets : malgré les difficultés, l’expéditeur paie 84 louis d’or. Autour d’un dîner champêtre (grives, polenta, omelette aux asperges, tarte et « champagne »), ils conviennent d’interrompre la campagne de mai (trop peu rentable) et de reprendre en octobre pour profiter des fêtes et des saints propices. Ugolin, ivre de joie, cache précieusement ses pièces sous l’âtre, rebouche la cachette et simule une scène de vol manqué pour s’assurer de sa sûreté. Le lendemain, il constate qu’il lui manque 6 louis pour atteindre 500 : il compte les demander au Papet, puis, riche et insouciant, décide d’une journée de loisir en colline. Il prépare son équipement (linge propre, nourriture, fusil) et s’élance vers les hauts plateaux (colline) , prêt à cueillir morilles et bécasses. P51–59 Ugolin suit les crêtes, songeant à la vie insouciante des merles et au sens de l’existence avec ses 500 louis. Arrivé à la Baume du Plantier, il découvre un potager soigné (haricots, choux, fraisiers) et un épouvantail en robe bleue, mais pas de chèvres ni de gibier. Il descend vers le vallon des Refresquières, admire les marmites de roche creusées par l’eau et les flaques scintillantes, tandis que le thym embaume l’air. Caché, il entend les sonnailles et voit Manon nue au bord d’une vasque, jouant de l’harmonica puis dansant, apparition presque surnaturelle sur la roche bleue. Fasciné, il glisse, laisse tomber un caillou qui le blesse au front ; le chien aboie, Manon s’enfuit, et lui, pris de terreur (car caillou des collines l a blaisser,avec chiens et chevres) et d’admiration , regagne en hâte sa ferme. De retour, il verrouille la porte, accroche son fusil et s’allonge, le cœur encore battant, bouleversé par cette rencontre mystique. P60–64 Le Papet réveille Ugolin en fin d’après-midi : il l’incite à se reposer maintenant que la campagne d’œillets ne le préoccupe plus. Au dîner, le Papet lui parle sérieusement de l’avenir : Ugolin, dernier des Soubeyran, doit se marier pour transmettre le trésor familial (près de 500 louis) et préserver le patrimoine. Ugolin s’interroge ; le Papet rappelle les alliances passées, les fines manœuvres pour accumuler cet or, et propose trois candidates — sœur d’Éliacin, fille d’Anglade ou fille du boucher — chacune avec ses atouts et inconvénients. Face à l’insistance du Papet, Ugolin, un peu éméché et hébété, demande un délai d’un an et souhaite choisir lui-même. Le Papet lui donne carte blanche, à condition qu’il pense d’abord aux enfants et privilégie la santé et la fécondité (« hanches larges, jambes longues, beaux gros tétons »), quitte à apprécier aussi une jolie figure en plus. P65–68 Ugolin revient aux Romarins sous la pleine lune, songeant non plus au mariage mais à l’émotion que lui a causée la danse nue de Manon : il se sent « fada ». Entendant l’harmonica, il ferme la porte à clé, s’allonge et rêve que Manon, cornue et volante, l’attire ; un choc le réveille : il est tombé de son lit. Il sort pieds nus sur la terrasse baignée de clair de lune, marche parmi les œillets changeants de couleur et se parle à voix haute : il n’a pas à regretter la source volée, « c’est elle qui a commencé ». Adossé à un olivier, il se reproche d’avoir cru au destin : sans la source, rien n’aurait marché pour Manon et ses lapins ; il lui reproche sa folie de bergère solitaire. Il confesse que lui non plus n’est pas fait pour être paysan, qu’il aurait mieux valu rester percepteur en ville, puis conclut que ce temps est révolu ; malgré tout, il lui en a « fait voir » et « ce n’est peut-être pas fini ». P69–76 Ugolin descend à la gare d’Aubagne chercher des caisses de boutures précieuses (Almondo, Aurore, Gloire de Nice) qu’Attilio lui expédie. Le Papet l’informe qu’il doit, avec Ange et Casimir, curer dès 4 h du matin le bassin de la Perdrix, réservoir de la source, et insiste pour qu’il participe à ce « travail d’amitié ». Le lendemain, Manon, sur la Tête Ronde, cueille de la rue quand elle entend du bruit : elle se cache et voit Ugolin, Pamphile et Ange nettoyer le bassin, tandis qu’un homme au chapeau (l’instituteur) examine la boue à la loupe. À sa voix, Manon reconnaît l’instituteur de la veille : sa rancune contre Ugolin remonte, mêlée à un trouble inattendu, car il avait jadis aidé sa famille. Les hommes discutent de la bauxite apportée par les orages et conviennent que la source d’Ugolin est une résurgence du même gisement ; l’instituteur prépare son départ pour aller siéger à la mairie. Manon, déçue qu’il ne soit pas chercheur d’or, décide de lui rendre son couteau multifonction : elle le lance dans les genêts, les hommes croient à un éclair ; l’instituteur le ramasse, remercie ses compagnons et avoue en rêve l’avoir déjà embrassée. Cachée, Manon rougit : jamais personne, sauf son père, ne l’avait ainsi embrassée ; elle redoute ses rêves, se rappelle les mises en garde de Baptistine et s’interroge sur ses propres sentiments. Ugolin, en revenant au village, fulmine contre l’instituteur, juge son insouciance inconvenante et se sent responsable de veiller sur Manon, « en souvenir du pauvre Monsieur Jean ». P77–83 Huit jours plus tard , a dîner, le Papet s’inquiète de la mine fatiguée d’Ugolin et, voyant qu’il passe ses nuits à traiter ses œillets, propose de partager ses repas et son travail pour qu’il puisse se coucher plus tôt. En vérité, Ugolin profite de la nuit pour aller cultiver en secret une vigne du Papet et tendre des pièges à oiseaux qu’il remplit avec les oiseaux morts, qu’il dispose artistiquement dans leurs collets. Chaque matin, après avoir lavé son visage et pris un maigre déjeuner, il suit discrètement Manon dans les collines, désamorce ses pièges et y replace les cadavres, puis se poste camouflé sous le sorbier bossu pour l’observer lire, rêver, danser ou jouer de l’harmonica. Il assiste aussi au rituel de Manon : elle trait sa chèvre blanche, recueille le lait, et attire le grand lézard vert–doré par sa musique, renforçant en lui l’idée qu’elle est une sorcière de la nature. La nuit, Ugolin se plonge dans ses contes de fées (Riquet à la Houppe, La Belle et la Bête), s’imaginant que Manon pourrait libérer un prince-instituteur par un baiser, puis se moque de ces chimères avant de s’endormir hanté par leurs danses. Le samedi, il regarde Manon partir pour Aubagne, puis ramasse pieusement sur son rocher des reliques de sa présence (brindilles, ruban, cheveux), avant de menacer le lézard d’un « coup de fusil » s’il revient interrompre son culte amoureux. P84–93 Le Papet s’inquiète du changement d’humeur d’Ugolin, qui disparaît chaque matin sans fusil et parle seul l’après-midi : il le suit en cachette jusqu’à son “poste d’observation” et, un soir, le surprend en extase muette vers Aubagne. Il interroge Ugolin à travers la porte : qui est cette femme qu’il va voir chaque matin ? Ugolin refuse de répondre, jurant de garder son « premier secret d’amour ». Le lendemain, au déjeuner, ils évoquent la sécheresse et la supériorité de la source d’Ugolin pour les œillets. Puis, sur l’insistance du Papet, Ugolin lui révèle enfin : « C’est Manon, la fille du bossu ». Le Papet, d’abord stupéfait, s’inquiète de son jeune âge (15 ans) et de sa pauvreté, mais finit par bénir l’union : une Soubeyrane si forte et instruite fera “des petits” robustes et restaurera la lignée. Ugolin, ému aux larmes, promet de la rendre heureuse, et le Papet, rassuré, l’enjoint d’aller travailler aux œillets en profitant de son bonheur nouveau. P94–102 Ugolin découvre au petit jour un jeune lièvre d’une valeur de cinq francs et décide de l’offrir à Manon. Il suit sa routine : camoufler le gibier dans ses pièges, monter à son poste d’observation et admirer Manon endormie sous le sorbier, jusqu’à ce que Bicou l’alerte de l’arrivée de l’instituteur. Caché, il voit l’instituteur s’approcher, remercier Manon d’avoir retrouvé son couteau, et lui offrir un second exemplaire. Manon hésite puis refuse poliment le cadeau, mais termine par accepter le lièvre qu’Ugolin lui destine. L’instituteur repart, salué d’un signe de Manon, laissant Ugolin jaloux et soucieux de l’impudence de ce rival. De retour à la ferme, Ugolin rumine : Manon préfère le lièvre au couteau, et, pire, a longuement parlé avec l’instituteur ; il résout de déclarer sa flamme au plus tôt. P103–105 Ugolin et le Papet déjeunent seuls dans la cuisine après le départ de Délie. Ugolin avoue à son oncle qu’il ne sait pas comment « parler aux filles » pour déclarer sa flamme à Manon. Le Papet lui donne des conseils pratiques : porter un très beau costume de chasse (pantalon tenu par des bretelles, cravate-foulard, chapeau assorti), montrer sa richesse et son assurance, et soigner son apparence (moustache, coiffure, parfum). Ils décident d’aller ensemble à Aubagne pour acheter ces vêtements au « Gai Laboureur ». Sur place, le Papet se fait coiffer et rehausser sa moustache ; Ugolin se fait raser la sienne et s’offre un costume bleu de velours, bretelles et feutre noir. De retour, tous deux se trouvent métamorphosés : Ugolin, timide et fier, se sent prêt à oser aborder Manon dans la colline, vêtu de cet habit de chasseur élégant. P106–112 Manon arrive au sorbier pour poser ses pièges ; Bicou et la chèvre blanche s’arrêtent, alertés par un bruit dans un fourré de myrtes. Un chasseur surgit : c’est Ugolin, en costume de chasse, qui cherche un lièvre blessé. Elle recule, puis il se présente maladroitement : « Je suis Ugolin, l’ami de ton père ». Il vante son succès aux œillets et son trésor caché (« 50 000 francs »), puis lui propose de la faire revenir vivre aux Romarins pour l’installer avec sa mère et Baptistine, loin de la « sauvagerie » du Plantier. Manon repousse avec force son aide : elle refuse sa « charité » et l’accuse de porter malheur à sa famille. Fou de dépit, Ugolin crie son amour à plein vallon : confessions, promesses de maison, de domestiques et de café au lit ! Manon lui lance une pierre qui le frappe au plexus. Il ramasse ce caillou, l’embrasse comme un talisman, puis, meurtri et humilié, rejoint lentement la ferme Manon est devenu aussi plus mefiante, sentait sa presence et ugolin cherche tout seul comment la parler. P113–114 De retour, Ugolin trouve le Papet en train de planter des tuteurs pour les œillets. Le Papet l’interroge : « Alors ? Tu lui as parlé ? » — « Je ne l’ai pas vue : elle est encore partie porter du gibier à Aubagne ou Pichauris. » Le Papet l’encourage : « Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain. Allez, changetoi de ce costume ! » Toute la journée, tandis qu’ils travaillent côte à côte aux arrosages, Ugolin retisse des raisonnements pour reprendre courage : Manon est « sauvage », effrayée par son costume de chasseur, choquée qu’il ait parlé de sa baignade, et puis une fille si belle se défend naturellement. Le soir, seul, il rumine : il revoit son visage, sa chevelure d’or, et s’inquiète du rival instituteur : « Comment faire pour qu’elle m’écoute ? » Dans les jours qui suivent, il constate que Manon, sur le chemin, scrute les taillis avant de s’asseoir sous le sorbier ; dès qu’elle perçoit un frémissement, elle lui lance des pierres : elle sent sa présence, mais refuse encore le face-à-face. P115–116 La nuit, Ugolin, en proie au désespoir, croit trouver un moyen magique de s’attirer l’amour de Manon. Il étale sur la table un papier portant son nom, l’entoure de “reliques” (ruban vert, mèches de cheveux, bouton, noyaux d’olive) puis d’une couronne de pièces d’or, comme un talisman. Il invoque la Vierge en faisant sept fois le tour de la table, puis rebouche sa cachette sous la pierre de l’âtre. Ensuite, dans un ultime geste d’engagement, il coud à même sa chair un ruban bleu taché de son sang, le posant sur son cœur, symbole de son amour et de son serment. Épuisé, il s’allonge, le cœur meurtri et l’esprit hanté par sa folie naissante : Ugolin sombre un peu plus dans l’obsession et la détérioration physique. Résumé P117–130 Métamorphose de la cigale (117–119) Sur la dalle brûlante du vallon, Manon assiste à l’émergence d’une cigale de sa chrysalide : ses ailes se déploient, passent du vert tendre au transparent. Soudain, deux chasseurs (Pamphile et Cabridan) pénètrent sans bruit dans le fourré voisin. Intriguée, Manon se glisse, observe leur conversation et comprend qu’ils parlent de la source : comment les Soubeyran l’ont exploitée, puis dissimulée. Trahison et colère (119–123) Atterrée d’entendre ces hommes justifier l’injustice faite à son père, Manon prend la fuite, la rage au cœur. Elle revoit la misère de jadis, le sacrifice de son père, et mesure l’ampleur de la trahison collective. Bouleversée, elle se réfugie sous le vieux sorbier pour laisser éclater son chagrin. Idée de vengeance (123–126) Dans la nuit d’orage qui suit, Manon élabore un plan : immoler la ferme d’Ugolin en incendiant les broussailles alentour. Mais la pluie d’août éteint ses meules d’herbe sèche et l’oblige à renoncer… provisoirement. Découverte de la cavité secrète (126–130) Après l’averse, elle suit le troupeau vers la barre rocheuse, puis remarque que Bicou le chien est coincé dans une crevasse : en creusant le calcaire tendre, elle découvre un étroit boyau. Munie d’une bougie et d’un marteau, elle s’y faufile : le tunnel s’ouvre sur une galerie naturelle, puis sur une vaste vasque souterraine où sourd la source même. Explication du passage clé “Elle entra pas à pas dans le miroir glacé des ombres… et en remonta une poignée de sable, qui paraissait presque noir… jusqu’à la lumière du jour, et sur sa paume … le soleil enfin charitable illumina le sable rouge du bassin de la Perdrix.” La “vasque” souterraine est le réservoir originel de la source : l’eau y stagne avant de jaillir plus bas au bassin de la Perdrix. Le “miroir glacé” désigne la surface parfaitement lisse de l’eau, où se reflètent les stalactites. En y plongeant la main, Manon ramène un peu de ce sable ferrugineux : c’est la preuve matérielle qu’elle tient enfin la vérité sur la source, jadis volée à son père et redirigée par Ugolin. La scène symbolise sa double découverte : la cachette secrète de l’eau et la trahison familiale qu’elle doit désormais réparer. P131-135 Retour à la grotte Le lendemain, Manon revient très tôt, armée d’un couteau-scie et d’un petit râteau bricolé sur un jeune branche de pin. Elle installe quatre bougies dans la galerie pour y voir clair. Teintage de la source Elle racle vigoureusement le fond de la vasque souterraine avec son râteau, faisant remonter un nuage rouge de bauxite : la preuve que l’eau de la Perdrix provient bien du gisement des Romarins. Collecte d’argile et de ciment À midi, l’eau est redevenue claire ; Manon prélève alors de l’argile bleue sur un éboulis voisin, façonne des pains qu’elle laisse sécher, et confectionne un petit sac de ciment artisanal. Préparation du sabotage Le soir venu, elle pénètre de nuit dans la grotte, y dépose son sac de ciment dans l’orifice d’évacuation, le tasse puis y ajoute les pains d’argile pour obturer définitivement la source. Conséquence annoncée L’eau cesse de couler dans la galerie ; Manon ressort, confiante : la fontaine du village va s’assécher, ruinant les œillets d’Ugolin et punissant ceux qui ont spolié la source de son père. Mission de Baptistine Au petit-déjeuner, elle charge Baptistine d’aller vers 11 h au cimetière et de passer au village faire quelques achats : prétexte pour vérifier plus tard la disparition de l’eau et échapper aux soupçons. P136–146 À la terrasse du café, l’instituteur expliquait un vieux proverbe provençal lorsque Baptistine surgit, hurlant ses malédictions et brisant une vitre : furieuse qu’on ait exhumé Giuseppe de la fosse commune pour la fosse “à la pelle”, elle jette la clé du cimetière, crie la “jettatura” sur tout le village, puis s’en va sous les huées. Manon attendait dehors et parler de ce qui c est passe puis s inquite s ils ont pas touche a la fosse de son père.( Baptistine la rejoint, en larmes, pour lui raconter son traumatisme (on a déplacé le corps de Giuseppe dans la fosse commune, os éparpillés…) et l’inquiétude de la résurrection des os au Jugement dernier. Manon repart vers le village pour vérifier l’état de la source qu’elle a bouchée. ) Papet propose d’aller voir la fontaine du village ou d’utiliser des mulets pour aller chercher de l’eau. , Pamphile fait remarquer qu’il reste la citerne, mais Ugolin répond qu’elle ne tiendra que deux jours ; il lui faudrait 8 m³ d’eau par jour. Ange (fontainier) et Bérarde vérifient la fontaine : son débit est réduit de plus de moitié, phénomène inédit même après dix jours de sécheresse. Inquiétude générale : les cultures, le pain, le pastis, la vigne, tout dépend de cette eau. Les “mécréants” – Philoxéne, Pamphile, Belloiseau, Casimir, Anglade, Cabridan – hésitent entre rituels d’exorcisme à l’eau bénite et châtiments physiques, tandis que l’instituteur plaide pour une cause “logique”. Ugolin arrive au galop : sa source s’est tarie ! On découvre que la fontaine du village, alimentée par ce bassin, n’offre plus qu’un filet, puis plus rien. Panique : sans eau, les œillets, potagers et pressoirs sont menacés. Manon, cachée parmi ses chèvres, savoure en silence : c’est le succès de son sabotage de la galerie secrète qui a coupé la résurgence souterraine. Quand Baptistine revient des arènes du sort, Manon la rassure et la charge d’aller au cimetière à 11 h et de faire des courses en ville, gagnant ainsi du temps avant que l’alerte à la fonte des sources ne gagne tout le monde. Le Papet, Ugolin, les paysans et le curé se dirigent vers la fontaine pour comprendre l’arrêt. Manon prend la clé du cimetière et s’éloigne vers sa bergerie, tandis que Magali l’accompagne une partie du chemin. Ambiance : tension extrême ; chacun mesure l’ampleur de la catastrophe agricole et personnelle. P147–154 De retour dans les collines, Manon retrouve Baptistine en liesse : la source tarie ! Mais elle l’en dissuade — des paysans pourraient se venger. Jour après jour, elle guette le bassin : ciment et argile tiennent bon, l’eau ne revient pas. Au village, c’est la disette : légumes desséchés, fontaine muette, caravane de mulets pour aller chercher de l’eau aux villages voisins. Ugolin, épuisé, multiplie les aller-retour avec ses charrettes-tonneaux ; la nuit, il implore en vain le fantôme de Monsieur Jean de rendre la source. Au café, l’instituteur, Bélodonneur, Philoxène, Ange, Casimir et les commères s’épouvantent : sortilèges, exorcismes et jettatura n’ont pas ramené l’eau. La municipalité fait appel à un ingénieur du Génie Rural : sur la carte, lettres bleues marquent les sources connues ; on convie Manon à les localiser. Guidés par Manon, ils visitent Laurier, Ser, Niche, Pétélin… l’ingénieur note, l’instituteur questionne, Manon répond en bergère instruite. Bicou découvre l’orifice de la grotte secrète ; pour protéger son secret, Manon l’effraie d’un coup de fronde. Quand l’ingénieur s’éloigne, Manon sabote la galerie souterraine : sac de ciment, rateau, bougies ; la nuit, elle colmate l’écoulement. Au matin, la fontaine du village reste muette : triomphe de Manon, consternation des mécréants. P155–166 Le maire, empêtré dans sa réputation électorale, fait appeler l’ingénieur du Génie rural pour annoncer la catastrophe de la source au Conseil municipal. Dans la grande salle bondée de paysans et de quelques femmes, l’ingénieur déploie un vocabulaire si technique qu’il en devient presque comique : nappe captive, résurgence vauclusienne, courbes isochronochromatique et isogradhydrotimétrique… Il démontre que la source de la Perdrix, d’où provient l’eau du village, n’est plus alimentée et expose quatre hypothèses pour expliquer cet arrêt : baisse des niveaux (siphons), percement hors zone, éboulement de galerie ou dissolution du bouchon par pression. Chacune à son tour soulève des murmures d’espoir ou de désespoir ; on apprend qu’un camion-citerne pourra fournir 5 000 L par jour, mais seulement un mois au maximum, trop peu pour sauver les œillets. Quand Ugolin propose un billet de cent francs pour hâter le retour de l’eau, le Papet raille la “sérieuse” explication de l’ingénieur ; les paysans hurlent leur colère et l’ingénieur, imperturbable, conclut que l’administration « vous emmerde », promet le camion pour dimanche, puis s’en va sous les huées enfantines et l’intervention du curé. La séance se termine dans une ambiance de grotesque tragédie : ni l’eau, ni la foi, ni la science ne semblent capables de ranimer la source. P167–171 La mairie se vide : Ugolin, le Papet, Anglade et Casimir partent en courant vers leurs champs. Ne restent que Philoxéne, l’instituteur, le boulanger et le boucher, qui tentent de se rassurer après le rapport. Au-dehors, M. Belloiseau rejoint Manon : il la taquine sur l’inutilité du savant et évoque le sermon du curé, qui « sait le secret de la source ». Eliacin, furieux, bascule Phrasie et fonce dans la salle du conseil ; il traite le maire de voleur d’eau, exige « son » eau qu’il a payée, brandit sa quittance, menace de violence, brise le buste de la République et se bat avec Pamphile et Philoxéne jusqu’à l’effondrement de la table. Ange, les jumeaux et d’autres accourent ; un encrier vole à travers une vitre. Eliacin, le visage enflé, crie qu’il mettra le feu s’il n’a pas son eau. Philoxéne réplique qu’il lui faudra une allumette plus longue que leurs maillets… Puis Eliacin s’en va, menaçant de tout incendier. P172–185 Tout le village est rassemblé, mules et seaux prêts, pour guetter l’arrivée du camionciterne : c’est le sixième jour sans eau et chacun craint pour son jardin, son bétail ou son pain. Philoxéne, l’instituteur, l’ingénieur du Génie Rural et M. Belloiseau se retrouvent à la terrasse du café, tandis qu’Anglade, le fontainier, broie du noir devant la conduite muette. Lorsque le clocher sonne la messe, les « mécréants » — Ugolin, le Papet, Pamphile, Casimir… — laissent chapeaux et inquiétude derrière eux pour se glisser incognito dans l’église. À l’entrée, Manon apparaît dans sa robe provençale ; Ugolin, transi, s’installe au plus près d’elle. Dans un sermon tour à tour drôle, grave et passionné, le curé fustige l’attitude d’« Adolphins » : ces paroissiens qui ne viennent qu’au moment de la sécheresse, non pour Dieu mais pour réclamer l’eau qu’ils ont payée ; il rappelle la farce tragique de la villa Monplaisir, effondrée sur son propriétaire, et exhorte chacun à l’examen de conscience, à la confession et à la charité concrète plutôt qu’aux calculs scientifiques. Enfin, il appelle à une grande procession de réparation, sous la bannière de saint Dominique, pour faire revenir la source. À cet instant retentit le cri : « Le camionciterne est arrivé ! »— et toute l’assemblée se précipite hors de l’église, mêlant soulagement et stupeur. P186-208 Après la sécheresse, un camion-citerne arrive au village pour livrer de l’eau. Deux tonneaux sont placés sur une charrette, et les villageois viennent faire la queue dans un calme pesant, chacun portant seaux et cruches. Il n’y a pas de disputes : tout le monde est tendu, mais discipliné. Seuls Ugolin et le Papet restent à l’écart. Ils n’ont pas besoin de cette eau puisqu’ils possèdent encore leurs propres réserves grâce à leurs puits. Ugolin, tourmenté depuis la messe, confie au Papet que le sermon du curé l’a profondément bouleversé. Il a eu l’impression que le prêtre s’adressait directement à lui, en parlant de péché, de justice et de pardon. Le Papet, un peu agacé, lui répond froidement que Manon ne veut pas de lui. Il finit même par avouer que lui-même n’a plus grand espoir : « j’ai l’idée qu’elle ne te voudra pas », dit-il, résigné. Pour détendre l’atmosphère, Bernard, le boulanger, organise un petit apéritif dans la cour de l’école. Il invite tout le monde à fêter son anniversaire. L’ambiance reste pesante, certains trouvent même indécent de faire la fête alors que l’eau manque toujours. Mais malgré les réticences de quelques-uns, les villageois s’y rendent, poussés par la curiosité et le besoin de se rassembler. C’est alors que les tensions refont surface. L’instituteur demande à Manon de venir avec lui pour prier pour l’eau car il dit que c’est la plus innocente. Mais Manon ducoup dit qu elle ne veut pas prier de l’eau pour les criminels qui ont bouché où gâcher la vie de son père. Eliacin, le vieux bûcheron, intervient pour dénoncer publiquement le crime commis. Il raconte avoir vu, il y a plusieurs années, le Papet et Ugolin creuser dans la garrigue, dissimulés derrière des rochers. Ce jour-là, ils auraient bouché une source à coups de ciment. Il affirme avoir reconnu les outils, la brouette et même les deux hommes. La révélation choque l’assemblée. Le Papet nie fermement. Il prétend qu’Eliacin a rêvé ou qu’il invente. Mais d’autres voix s’élèvent : certains villageois avouent avoir toujours su qu’une source existait sur la propriété de Jean, le père de Manon. Ils disent qu’ils n’ont rien dit par peur, par lâcheté ou simplement parce qu’ils ne voulaient pas se mêler de ce qui ne les regardait pas. Manon, jusque-là silencieuse, prend la parole avec calme mais fermeté. Elle accuse le Papet et Ugolin d’avoir volontairement bouché la source pour pousser son père à l’échec, à la ruine… et finalement à la mort. Elle rappelle que son père cherchait désespérément de l’eau, alors qu’une source coulait sous ses pieds, étouffée par ceux qui convoitaient sa terre. Elle reproche aux autres villageois leur silence complice. Eux aussi sont responsables, car ils ont laissé faire. Bernard, le boulanger, et Magali prennent la défense de Manon. Le curé, lui aussi, reste du côté de la jeune fille. Tous reconnaissent que le silence du village a été criminel. Même Anglade, un homme pieux et respecté, baisse la tête. Il confirme que Manon est dans son droit, que sa douleur est légitime. Mais le coup de théâtre arrive lorsque Manon révèle une vérité bouleversante. Son père, Jean, était le fils de Florette. Or Florette était une proche parente du Papet. Cela signifie qu’Ugolin et Manon sont de la même famille, des cousins éloignés. Ainsi, au lieu de voler un étranger, ils ont trahi leur propre sang. Cette révélation déclenche une onde de choc. Le Papet entre dans une colère noire. Il insulte la mémoire de Florette, la traitant de « garce », puis il quitte la scène, furieux et humilié. La foule comprend alors que tout ce drame aurait pu être évité si la vérité avait été connue plus tôt. Ugolin, de son côté, est anéanti. Il pleure à chaudes larmes. Il dit qu’il aurait tout donné à Manon, qu’il l’aimait sincèrement, mais qu’elle le rejette et le condamne. Dévoré par la honte et le désespoir, il s’enfuit en courant dans la garrigue, seul et brisé. Enfin, Manon, droite et fière, lance une dernière phrase qui résonne comme un jugement moral : « Il faut avoir le cœur pourri pour refuser un miracle quand Dieu le permet. » C’est la fin d’une longue injustice. Elle a repris le pouvoir. P209–216 Le dimanche après-midi, le moral de tous reste bas : le concours de pétanque organisé par Philoxéne attire à peine une douzaine de joueurs venus chercher l’eau ailleurs, et les Bastidiens, privés de source, fuient la partie pour aller prier à la fontaine muette. Chacun, homme ou femme, est accablé : les potagers se dessèchent, les puits sont à sec, et le fontainier des Ombrées ne peut que promettre « huit jours » d’eau en citerne. À la terrasse, les mécréants se consolent au pastis, tandis qu’Anglade confie qu’il ne se sent « pas envie de boire » : il est venu chercher Manon pour la convaincre de participer à la procession de demain. Quand elle apparaît, vêtue de sa robe provençale et de sa mantille bleue, tous remarquent qu’elle sourit fugitivement… sauf Ugolin, qui toussote, s’embarrasse, et la suit du regard. Philoxéne raille : « À qui a-t-elle souri ? » Les autres s’interrogent : elle va à l’église, mais ne rejoint pas les femmes ; elle se place près de l’instituteur. Ugolin, jaloux du moindre regard qu’elle lui accorde, supplie : « Viens à la procession ! » Elle refuse net : « Je ne veux pas prier pour les criminels qui ont volé l’eau de mon père. » Choc : tous comprennent qu’elle accuse le village d’avoir délibérément caché la source. Ugolin, furieux, se jette à genoux, l’implore, mais elle le repousse. À l’annonce de la procession organisée par le curé, Anglade plaide : « Ta prière pourrait nous sauver », mais M. Belloiseau tempère : « Indécent de demander à la victime de prier pour ses bourreaux ! » Manon réplique que personne n’a protégé son père, et accuse nommément le maire et les notables : ils savaient tous, mais n’ont rien dit. La tension monte ; le Papet s’enferme, et Ugolin, accablé, se pend à la balançoire. On le décroche mort, son dernier geste étant d’avoir légué la ferme et son trésor à Manon ; sur son cœur, on découvre le ruban vert taché de son sang. En l’apprenant, la population, saisie de remords, réalise qu’elle n’a pas seulement laissé mourir un « étranger », mais le petit-cousin de Florette des Bastides, l’un des leurs : le crime est collectif. Seule Manon, juste et implacable, refuse de bénir ceux qui ont tué son père. Demain, à la procession, leur ultime chance : si elle y consent, sa prière, disent les anciens, fera couler la source ; sinon, le village est perdu. Le vrai resume enfaite du P209- 216 Le concours de boules, organisé par Philoxéne, échoue à redonner de la joie à la communauté, bien que certains prix soient remportés par des étrangers. Pendant que les hommes se rassemblent autour de la fontaine et que les femmes prient, la conversation tourne autour de sujets inquiétants, comme la sécheresse, la guerre des héritages, et la situation d'Ugolino, qui semble sombrer dans une folie tragique. L'un des moments clés est la découverte du corps d'Ugolino pendu. Le Papet, qui semble en vouloir à la situation, ordonne de cacher la vérité en affirmant que la mort d'Ugolino est accidentelle, en la présentant comme une chute d’arbre. Le testament (la lettre d ugolin addrsee a M belloiseau ) d'Ugolino, qu’il a écrit dans un moment de désespoir, révèle son amour fou pour Manon, sa frustration, et sa vision sombre de sa propre situation. Il léguait sa ferme à Manon, et sa dernière volonté est marquée par une expression de souffrance et de désillusion. Le Papet, quant à lui, semble indifférent aux volontés d’Ugolino et se concentre davantage sur l’aspect pratique de la mort et des arrangements funéraires. Les échanges entre les personnages, le Papet traite carrément Manon de pute quand il découvre le ruban de ugolin a Manon, même si pamphile dit que les volontes d un mort est sacree. Comme ceux de Bernard, M. Belloiseau, et Philoxéne, montrent leur incompréhension et leur détachement face à l'amour et aux événements tragiques qui se déroulent autour d'eux. et ensuite il va lire tout seul la lettre adresse a lui. Dans cette scène, le ruban d’amour, symbole du lien entre Ugolin et Manon, est également un élément marquant, soulignant à quel point l’amour et la jalousie peuvent détruire l'esprit. La lecture du testament, le silence de la famille Soubeyran, et les réflexions des personnages sur la situation montrent l'isolement émotionnel et le poids des héritages familiaux. Le papet ensuite brule les rubans, et lis la lettre et c était que il laissait les 500louis d or et les œillets a Manon , et qu il en peut plus de vivre et enfin que il dit aurevoir au papet et a Manon il avoue que c est impossible de la marier donc elle peut se marier qiui elle veux même quelqu un trs instruit avec ses 500louis.z P217–231 Après la mort d’Ugolin, Manon se retire sous les étoiles, troublée : son œuvre est accomplie – les Soubeyran déshérités, le village privé d’eau, la ferme promise par la Providence – mais elle redoute la colère populaire si l’on découvre qu’elle a sciemment bouché la source. Au matin, le maire, le notaire et l’instituteur viennent lui apporter solennellement le testament d’Ugolin : celui-ci lui lègue les Romarins, ainsi que “500” (le trésor caché sous la pierre). L’annonce la bouleverse : elle craint la réaction des villageois, persuadés qu’elle seule détient le pouvoir de rendre l’eau. Réconfortée par l’instituteur, qui l’invite à venir à la procession organisée par le curé (seule occasion de calmer les soupçons), elle accepte enfin : pour l’honneur de son père et par reconnaissance pour celui qui, le premier, a tenté de protéger la vérité, elle comprendra demain la force du pardon collectif. La nuit venue, ils regagnent ensemble la grotte : à deux, ils déplacent silencieusement les blocs et rétablissent le passage ; l’eau sourd aussitôt vers le bassin. Dans la tiédeur lunaire, l’émotion naissante entre eux éclate – un lien plus fort que la peur du scandale s’est tissé. Tandis qu’il cache leurs outils, elle sent pour la première fois l’élan de la confiance et de l’affection : à l’aube, l’eau jaillira, et avec elle renaîtra l’espérance du village… et peut-être un amour. P232–236 À l’aube, Manon, fraîche et légère après s’être soignée à l’aide de son couteau multifonctions, rejoint son cheptel en se remémorant la nuit passée : sa fuite silencieuse, la complicité avec l’instituteur, l’eau libérée… Elle descend en dansant vers la grotte, corrige la position de trois pierres et y plante thym et genévrier pour camoufler leur ouvrage. Puis, pressée, elle file au bassin : l’instituteur l’y attend, examinent ensemble le tuyau vide et confirment que l’eau n’est pas encore réapparue. Il lui expose une dernière fois les possibles causes (siphons, débris, délai) et lui recommande de se rendre à l’enterrement d’Ugolin, tandis qu’il doit y assister. L’après-midi, elle aperçoit au loin la caravane de mulets : le maire, le notaire, le fontainier, Pamphile et l’instituteur viennent remplir leurs tonneaux à la source retrouvée – qui pourtant reste à sec. Sans surprise, ils boivent un coup sous le soleil, plaisantent sur la nécessité de refaire l’enduit et sur la procession à venir, et évoquent le départ de Cabridan et le destin du village. Exaspérée, elle file regagner le Plantier, décidée à laisser derrière elle les bavardages d’hommes indifférents au prix de l’eau et à la fidélité à son devoir – et à s’en tenir, désormais, à suivre la lune et son propre cœur. P237–255 La sécheresse extrême et la disparition de la fontaine aux Bastides inquiètent vivement les villages voisins des Ombrées et de Ruissatel, qui dépendent aussi de ces sources. Par crainte pour leurs propres fontaines, ils envoient des délégués assister à la procession organisée pour « supplier le ciel » de rendre l’eau. Sur la place vide autour de la fontaine asséchée, les « mécréants » (notamment l’instituteur Bernard, le maire Philoxéne, le boulanger, M. Belloiseau, Casimir, Pamphile…) ironisent à la terrasse du café : ils se moquent de la cérémonie, pariant même des bouteilles d’absinthe sur le fait que l’eau ne reviendra pas… Départ de la procession : les cloches sonnent, le Saint patron est porté par les pénitents et les jumeaux d’Anglade, suivis du curé, des enfants de chœur, de la chorale des vieillards d’Ombrées et d’une poignée d’enfants de Marie. Manon, venue en cachette avec sa mère Magali, est bouleversée : si les gens savaient qu’elle a elle-même rétabli la source, ils la lyncheraient. Au moment de la litanie, un inconnu en costume de velours bleu — large chapeau noir, canne à pommeau d’argent — se place au premier rang, découvre solennellement son chapeau et joint sa voix puissante à l’office. Les mécréants chuchotent : « Le général des Jésuites ! » Miracle ou coïncidence ? Au moment même où l’inconnu répond au psaume, la conduite de la fontaine tousse, puis un mince jet d’eau jaillit ! Les fidèles s’effondrent à genoux, le curé entonne un vibrant « Merci Seigneur », tandis que l’inconnu, dos à la fontaine, bat la mesure de l’“Alléluia” comme un chef d’orchestre. Les mécréants, abasourdis, reconnaissent qu’ils boiront volontiers l’absinthe perdue au pari. Présentation de l’inconnu : après la cérémonie, il se présente à Philoxéne et aux autres : c’est Victor Périssol, ténor célèbre, venu… chercher un mystérieux « Château du Plantier » dont lui a parlé quelqu’un à la poste d’Ombrées. Intrigué, il interroge Bernard : qui peut le renseigner ? Manon et Bernard s’éclipsent : ils rejoignent l’instituteur pour décider comment gérer l’illusion du « miracle » et, surtout, comment accueillir Victor, persuadé qu’il va dîner dans un château. Magali prend les devants : elle envoie Bernard acheter provisions et vin, et promet de conduire elle-même le ténor jusqu’à la vraie demeure de Manon : une humble bergerie aménagée dans une vieille baume. Sur le chemin du Plantier, Victor raconte ses aventures : ses débuts en duo avec la mère de Manon à Toulouse, ses tournées internationales, son mariage texan, la guerre, et surtout qu’il fut lui-même berger adolescent dans les Basses-Alpes, repéré par un grand maître de chant. Arrivée à la bergerie : Victor et Manon aperçoivent Aimée, la mère, qui chante un air de Manon (Massenet). Émus, ils improvisent le duo final de l’opéra, s’étreignent et émeuvent Bernard : la mère a offert son ultime sacrifice pour son enfant. Au repas, le ténor dévoile son plan : il veut engager Aimée comme soprano aux chœurs de l’Opéra de Marseille, loger mère et fille dans son grand studio du Vieux-Port, y civiliser Manon et lui faire étudier chant, couture et savoir-vivre. Dilemme de Manon : l’idée de quitter collines, troupeau et liberté la terrifie ; elle craint de « mourir » en ville. Son regard fuit soudain Bernard, qui propose qu’elle demeure chez lui et sa mère, pour faire une « étape » avant la vie citadine. Lorsqu’il affirme qu’elle ne repartira plus, elle se lève brusquement et s’enfuit dans la nuit, incapable de trancher immédiatement entre deux mondes. Ainsi s’achève ce passage : le miracle a rendu l’eau, un ténor de renommée offre un nouvel avenir à la mère et à la fille, mais Manon reste partagée entre son attachement aux collines et la promesse d’une vie nouvelle. P256–260 Au matin du mariage, le maire Philoxéne et Casimir s’offrent un ultime « carreau » de boules sous le regard amusé de M. Belloiseau arbitre : ils en sont à 14 à 14 quand arrive le cortège nuptial. 1. Arrivée des mariés o Manon, en robe blanche et couronne d’oranger ornée de fleurs de ciste rouge-violet, fait son entrée au bras de Victor Périssol, drapé dans une cape noire de postillon. o Viennent ensuite Bernard et sa mère Magali, tous deux élégants (veste neuve, cravate et saphir pour lui ; dentelle et voilette pour elle). o Puis Anglade avec sa nouvelle casquette grise, au bras d’Aimée maquillée et coiffée d’une capeline de tulle. o Quatre invités en redingote noire ferment la marche ; ce sont des amis de Victor. 2. La Mairie et la boule sacrifiée o Avant de pénétrer, Philoxéne réussit l’estocade finale du concours de boules ; M. Belloiseau, venu en redingote, écrase son haut-de-forme en galette pour éventer son visage, puis, d’un simple coup de doigt, reforme le chapeau sous les applaudissements ! 3. Cérémonie o Dans la salle décorée de romarins et de genêts, le maire prononce un discours émouvant qui évoque la mémoire de « l’enfant trahi » (Ugolin) et la responsabilité collective du village. o À l’église, l’organiste d’Ombrées et trois choristes de l’Opéra de Marseille – dont Victor lui-même – offrent une messe chantée d’une qualité digne d’une cathédrale, suscitant l’admiration générale. 4. Le dernier Soubeyran o Alors que la noce jette pièces et confettis, le Papet surgit seul sur la place, vêtu de velours noir, une gerbe d’œillets à la main et la lourde clé du cimetière dans l’autre. o Sans saluer personne, le vieil homme s’éloigne lentement, boitant, silhouette solitaire et orgueilleuse : il incarne le dernier Soubeyran, exclu de la fête et de la communauté. Ainsi, le passage mêle la liesse nuptiale et la célébration du miracle de la source, tout en soulignant la rupture définitive entre le vieux Papet et le village qu’il a trahi. P261–263 Un an après les événements de la sécheresse et du mariage, la situation du village et de ses habitants a beaucoup évolué, mais l’esprit des Bastides demeure inchangé : 1. Carrière de l’instituteur o Le maire obtient à force de lobbying auprès de l’Inspecteur d’Académie l’annulation de la mutation de Monsieur Bernard à La Pomme, et lui obtient sur place son avancement, avec l’accord de l’intéressé. 2. Vie de la famille Olivier–Barral à Marseille o Aimée, désormais Mme Victor Périssol, et son mari vivent dans un vaste studio du Vieux-Port, tout proche de l’Opéra. o Manon reçoit de triomphales lettres de Victor, où il raconte ses succès : il a « doublé Ricardo Goldoni » dans Werther et obtenu huit rappels à Marseille, organise un déjeuner de fête, etc. 3. Le groupe des « mécréants » o Ils se retrouvent toujours au café ; désormais le curé s’est joint à eux : il discute à bâtons rompus avant de regagner l’église pour les Vêpres. o Pamphile et Casimir, taquins, vont même à la messe du dimanche pour « rendre la politesse ». 4. Changemens de domestiques o La bonne de M. Belloiseau est partie à Marseille ; sa remplaçante, une souillon de dix-huit ans, tutoie gentiment le vieil notaire, qui s’en amuse en souriant : « C’est une enfant… » 5. Le sort du Papet o Vieilli et fatigué, il ne travaille plus guère ; c’est Pamphile qui soigne sa petite vigne aux Romarins. o Chaque dimanche, il dépose une gerbe d’œillets sur la tombe d’Ugolin. o Il continue de jouer à la manille au café, et, en entendant Manon rire au passage avec son mari, il lance, narquois : « Elle l’a toujours été belle ; pour mon malheur… » 6. Baptistine et les collines o Baptistine veille désormais son troupeau aux Romarins, accompagnée de l’ânesse et du chien. o Les jumeaux d’Anglade ont délaissé les œillets pour cultiver légumes et primeurs ; grâce à la source revenue, leurs charrettes de produits rapportent d’abondants revenus au marché d’Aubagne. 7. Sorties en famille o Jeudis et dimanches, Manon, Bernard, Magali et Baptistine déjeunent ensemble aux Romarins. o Parfois, Bernard et Manon partent à l’aube explorer les collines : lui collecte des cailloux pour son « musée scolaire », elle pose des pièges et aiguise son couteau. o Ils pique-niquent sous le sorbier ; le lézard limbert, jadis farouche, refuse encore de montrer sa tête en présence de Bernard, ce qui l’irrite un peu ! 8. Préparation de l’avenir o En fin d’été, voyant Manon marcher sur le bout des pieds, Pamphile, dans la plus grande discrétion, fait porter un cierge à l’église de Ruissatel : il prie pour que « le petit ne soit pas bossu ». Sur ce tableau à la fois paisible et plein de sous-courants, se dessine la fragile harmonie retrouvée : chacun joue désormais son rôle, entre fidélité aux anciennes racines rurales et ouverture sur le monde nouveau qu’a apporté la source revenue. P264–279 : Résumé détaillé 1. Le retour de tante Delphine o Delphine, la tante d’Ange le fontainier, revient s’installer aux Bastides : veuve, quasi aveugle et retraitée, elle a vendu une partie de ses biens pour toucher une pension. o Grande, maigre, toujours vêtue de noir, elle s’assied chaque après-midi sur un banc de l’esplanade, écoutant en silence les passants et se souvenant de sa vie d’avant. 2. Une confidence à demi mot o Un soir, alors qu’elle évoque les récits de guerre du Papet, elle l’interrompt : elle l’accuse d’avoir commis, en Afrique, non pas un simple « oubli » mais un quasi-crime : il a reçu une lettre qu’il n’a jamais ouverte ni renvoyée. o Le Papet, surpris, ne reconnaît pas cette histoire : il n’a reçu que des lettres de son père, d’Anglade et d’un certain Castagne (un usurier). Il jure n’avoir jamais vu d’autre lettre. 3. La révélation de Delphine o Devant l’insistance de sa tante, il finit par lui demander : « Qui m’a donc écrit ? » o Elle lui révèle alors que c’était Florette (la mère de Manon) : elle lui avait écrit, enceinte de lui, le suppliant de l’épouser pour légitimer leur enfant. Mais, à son retour d’Afrique, Florette avait déjà épousé le forgeron de Crespin et eu un fils bossu. 4. Le choc du Papet o À l’annonce que Florette était enceinte de lui, le Papet est bouleversé : il s’effondre, pâle, incapable de parler, convaincu qu’un tel secret perdu est « un désastre ». o Delphine l’exhorte à aller reconnaître cet enfant : il est son arrière-petit-fils, seul lien vivant de sa lignée. 5. Les signes avant-coureurs o Dans les jours qui suivent, le Papet change : il multiplie les allers-retours à Massacan, passe ses matinées à la messe, attend Manon chez le boulanger, la suit du regard… Les gens du village murmure nt qu’il « est gaga ». 6. La mort du Papet o La veille de Noël, il fait appeler le curé, reçoit les sacrements et s’en réjouit : il sent sa fin proche, non pas par suicide, mais parce qu’il « n’a plus envie de vivre ». o Le lendemain matin, il meurt paisiblement, vêtu de son plus beau costume, un chapelet à la main. 7. Les funérailles et l’héritage o Ses obsèques sont solennelles : le village entier accompagne au cimetière celui qui fut « le dernier des Soubeyran ». Le curé souligne sa conversion finale, tandis que les mécréants rient doucement. o À l’issue de la messe de minuit, l’instituteur annonce la naissance du fils de Manon : un robuste bébé né le jour de Noël, aussitôt appelé Jean. 8. Le testament secret o Le matin de Noël, le curé remet à Manon une lettre cachetée : c’est le testament laissé par le Papet ! o Au lieu d’un legs de fleurs ou de terre, il y révèle qu’il lègue toutes ses terres et ses maisons à Manon, mais : Le véritable trésor est enterré sous le petit mas de Massacan, dans la cuisine, sous le lit : un jarret (gros pot) rempli de 6 000 louis d’or, amassés depuis la Révolution. Il justifie ce legs par ce lien de sang : Manon est la descendante de Florette, donc son arrière-petite-fille, héritière légitime. 9. Conséquences o Cette révélation bouleverse Manon et Bernard : non seulement elle hérite d’un riche patrimoine, mais le secret de sa naissance est enfin dévoilé ! o L’arrivée de ce trésor marque la revanche de la lignée spoliée des Soubeyran et boucle le cercle de la vengeance et de la restitution entamé par Manon. Point clé : la lettre testamentaire du Papet révèle que Manon, fille de Florette et du Papet lui-même, est l’unique héritière d’un trésor de 6 000 louis, enterré sous le mas de Massacan ; elle scelle la réparation complète du vol originel et la renaissance de la lignée. RESUME FINAL ULTRA DETAILLE
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