MACHINES THERMIQUES Filière Ingénieur Génie Electrique Option Systèmes Embarqués Informatique Industrielle Semestre 3 Année universitaire 2024-2025 MACHINES THERMIQUES Chapitre 3 : Moteurs thermiques Filière Ingénieur Génie Electrique Option Systèmes Embarqués Informatique Industrielle Semestre 3 Année universitaire 2024-2025 Sommaire 1 Classification des Moteurs thermiques 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) 2.2 Moteur Diesel (Cycle de Diesel ) 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton) 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson) 3.3 Machines à vapeur 3.3.1 Cycle de Carnot appliqué aux vapeurs condensables 3.3.2 Cycle de Rankine 3.3.3 Cycle de Hirn 3 1 Classification des Moteurs thermiques Moteurs thermiques À combustion interne À combustion externe o La chaleur est générée dans le volume du fluide; o La chaleur est transmise via une paroi conductrice; o Source de chaleur = combustion; o Source de chaleur = solaire, nucléaire…; o Le fluide change de composition chimique; o Pas de réaction chimique au sein du fluide; o Le fluide est renouvelé à chaque cycle. o Le fluide est recyclé. 4 1 Classification des Moteurs thermiques Moteurs thermiques À combustion interne Moteur à essence Moteur diesel Turbine à gaz À combustion externe Moteur Stirling Moteur Ericsson Turbine à vapeur 5 2 Moteurs à combustion interne o Un moteur de Carnot est très compliqué à réaliser, pour des raisons techniques et non théoriques (isothermes difficiles à assurer, nécessitent une pression trop importante). On fabrique donc des moteurs plus simples mais non réversibles avec un rendement plus faible. o Il est donc indispensable de modifier le cycle en remplaçant les deux transformations isothermes AB et CD par d’autres transformations. 6 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) Le moteur à essence est un moteur à combustion interne dont l'allumage est commandé et réalisé grâce à des éclateurs produisant des étincelles, appelés bougies. Schématiquement, on fait subir à une masse d'air et de carburant (essence) un cycle constitué de deux isentropiques et de deux isochores. Un tel cycle a été proposé par l'ingénieur français Beau de Rochas dès 1862. 7 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) o Phase 0-1 ou 1er temps : c’est la phase d’admission de l’air, la soupape d’admission s’ouvre, un peu de combustible (essence vaporisée) est aussi aspirée. A la fin de cette phase, la soupape d’admission se ferme et on travaille avec l’air enfermé à la température T1. o Phase 1-2 ou 2ème temps : Le piston remonte et le gaz est comprimé, la phase est rapide et comme les échanges thermiques sont lents, la transformation est adiabatique (cas idéal), on la suppose en général aussi réversible et donc isentropique. o Phase 2-3 : explosion, à cet instant une étincelle provoque l’explosion du mélange, il y a accroissement de la pression par l’explosion, à volume constant car le piston n’a pas le temps de réagir (cas idéal). 8 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) o Phase 3-4 ou 3ème temps : détente et effet moteur, l’air chauffé se détend en repoussant le piston et en fournissant un travail (W<0), on l’idéalise par une transformation isentropique. o Phase 4-1 ou 4ème temps : la soupape d’échappement s’ouvre, la pression interne retombe instantanément à la pression atmosphérique (donc à volume constant), puis le piston remonte en repoussant l’air restant (retour à 0) . 9 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) Le cycle du moteur à essence est donc constitué de quatre processus : o 1-2 Compression isentropique o 2-3 Chaleur apportée à volume constant o 3-4 Détente isentropique πΈπ πΈπ o 4-1 Chaleur cédée à volume constant isentropique = adiabatique + réversible 10 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) Rendement du cycle : οΌ 1-2 Compression isentropique (π = 0) οΌ 2-3 Chaleur apportée à volume constant (πΈπ = πͺπ½ (π»π − π»π )) οΌ 3-4 Détente isentropique (π = 0) οΌ 4-1 Chaleur cédée à volume constant (πΈπ = πͺπ½ (π»π − π»π )) πΈπ πΈπ −πΎ πΈπ +πΈπ πΈπ π»π −π»π πΌ= = =π+ =π+ πΈπ πΈπ πΈπ π»π −π»π 11 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) Rendement du cycle : −πΎ πΈπ + πΈπ πΈπ π»π − π»π πΌ= = =π+ =π+ πΈπ πΈπ πΈπ π»π − π»π o Les transformations 1-2 et 3-4 sont isentropiques, on peut donc utiliser la relation π»π½πΈ−π = πππ πΌπΆπππ = π − πΈπ πΈπ π π½π πΈ−π π½π 12 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) Rendement du cycle : Le rendement du cycle du moteur à essence dépend uniquement du taux de compression π1 =ππππ₯ volumétrique ( ) et du rapport des π2 =ππππ capacités thermique γ. Le rendement augmente lorsque le rapport de compression augmente. πΈπ πΈπ 13 2 Moteurs à combustion interne 2.1 Moteur à essence (Cycle de Beau de Rochas ou d’Otto ) Cycle réel : o L’admission crée une légère dépression (non représentée ci dessus). Il y a une avance à l’allumage c’est à dire que l’explosion a lieu avant que le piston ait atteint sa position haute. o Le gaz n’est pas parfait, la combustion n’est pas instantanée et le volume ne reste pas constant. o La Compression et la détente ne sont pas isentropiques. o A l’expulsion le travail nécessaire est plus grand que celui récupéré lors de l’admission : ainsi l’admission-expulsion coute du travail comme on le voit sur le schéma avec la partie basse du cycle parcourue en sens inverse des aiguilles d’une montre. 14 2 Moteurs à combustion interne 2.2 Moteur Diesel (Cycle de Diesel ) Le moteur Diesel est un moteur à combustion interne dont l'allumage est assuré par une compression élevée, ce que l'on réalise sans risque d'inflammation en comprimant l'air seul puis en injectant le carburant au point 2 du diagramme de fonctionnement. Ce moteur a été mis au point par l'allemand Diesel en 1892. 15 2 Moteurs à combustion interne 2.2 Moteur Diesel (Cycle de Diesel ) o Pour ce cycle, on injecte uniquement de l’air sans combustible (0-1), et on observe : πΈπ o 1-2 : une compression plus forte que dans le cas du moteur à essence, T est plus forte aussi. o 2-3 : le gas-oil est injecté et s’enflamme automatiquement (T, P élevées) sans besoin d’étincelle donc de bougies. Le processus de combustion est plus long pour ce cycle et le processus est alors approché par un apport de chaleur à pression constante (et non plus à volume constant) . πΈπ o Les autres parties du cycle sont identiques au moteur à essence. 16 2 Moteurs à combustion interne 2.2 Moteur Diesel (Cycle de Diesel ) Le cycle du moteur à essence est donc constitué de quatre processus : πΈπ o 1-2 Compression isentropique o 2-3 Chaleur apportée à pression constante o 3-4 Détente isentropique πΈπ o 4-1 Chaleur cédée à volume constant 17 2 Moteurs à combustion interne 2.2 Moteur Diesel (Cycle de Diesel ) Rendement du cycle : οΌ 1-2 Compression isentropique (π = 0) οΌ 2-3 Chaleur apportée à pression constante (πΈπ = πͺπ (π»π − π»π )) οΌ 3-4 Détente isentropique (π = 0) οΌ 4-1 Chaleur cédée à volume constant (πΈπ = πͺπ½ (π»π − π»π )) πΈπ πΈπ −πΎ πΈπ +πΈπ πΈπ πͺπ½ (π»π −π»π ) πΌ= = =π+ =π+ πΈπ πΈπ πΈπ πͺπ (π»π −π»π ) 18 2 Moteurs à combustion interne 2.2 Moteur Diesel (Cycle de Diesel ) Rendement du cycle : πΈπ π (π»π − π»π ) πΌ=π− πΈ (π»π − π»π ) π»π π π»π π»π − π πΌ=π− πΈ π»π π»π − π π»π π»π π = π»π π½π πΈ−π π½π π»π π»π = π»π π»π πΈ π π πΌ=π− πΈ π½π πΈ−π π½π π»π πΈ −π π»π π»π −π π»π πΈπ 19 2 Moteurs à combustion interne 2.2 Moteur Diesel (Cycle de Diesel ) πΈπ Rendement du cycle : π· π = π·π π»π π½π = π»π π½π π½π πΈ π π π½π − π πΌπ«πππππ = π − π½π πΈ−π πΈ π½π − π π½π π½π πΈπ Le terme entre crochets est toujours supérieur à 1 ; donc ππ·πππ ππ < πππ‘π‘π lorsque les deux cycles fonctionnent avec le même taux de compression volumétrique. Mais les moteurs diesel fonctionnent à des taux de compression volumétrique plus élevés et sont donc plus efficaces. 20 2 Moteurs à combustion interne Applications des Turbine à gaz 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton ) Production de puissance mécanique (génération d’électricité, propulsion maritime, etc… ) Propulsion aéronautique ( récupération de l’énergie cinétique du fluide afin de produire une poussé) 21 2 Moteurs à combustion interne 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton ) o Contrairement aux moteurs précédents, les turbines à gaz sont des machines à écoulement continu. les évolutions des fluides dans ces machines ont lieu dans des enceintes successives et juxtaposées, contrairement aux moteurs alternatifs (moteur à essence et moteur Diesel) où ces transformations s'opèrent dans le même espace, le cylindre. o Les systèmes ouverts qui s’ajoutent à la turbine à gaz pour réaliser son cycle sont le compresseur et la chambre de combustion. 22 2 Moteurs à combustion interne 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton ) o Les turbines à gaz fonctionnent en général en cycle ouvert. Elles peuvent être modélisé par un cycle fermé appelé « Cycle de Joule ou de Brayton ». o Pour réaliser le cycle modèle des turbines à gaz, il est nécessaires de considérer les hypothèses suivantes: οΌ Le fluide en circulation est supposé parfait (Air); οΌ Les évolutions sont réversibles; οΌ La combustion est remplacée par un transfert de chaleur; οΌ L’échappement est remplacé par rejet de chaleur. οΌ Le compresseur et la turbine sont supposés adiabatiques. ππ ππ 23 2 Moteurs à combustion interne 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton ) o Le fluide en premier lieu est comprimé de manière adiabatique est réversible dans le compresseur. ππ o Le fluide maintenu à pression constante passe ensuite dans un échangeur de chaleur où il reçoit la chaleur ππ o Dans la turbine, le fluide est ensuite détendu de manière adiabatique et réversible. Une partie de l’énergie mécanique produite par la turbine lors de cette détente est utilisée en pour faire fonctionner le compresseur. o Le fluide avant de rejoindre le compresseur, passe par un échangeur de chaleur où il cède la chaleur ππ . ππ 24 2 Moteurs à combustion interne 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton ) Ce cycle comprend alors: o 1-2 Compression isentropique o 2-3 Chaleur apportée à pression constante o 3-4 Détente isentropique o 4-1 Chaleur cédée à pression constante ππ ππ ππ ππ 25 2 Moteurs à combustion interne 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton ) Rendement du cycle : o Pour chaque composant du cycle, on a, par unité de masse : βπ = ππ + π οΌ 1-2 Compression isentropique βπ = ππ οΌ 2-3 Chaleur apportée à pression constante ππ βπ = ππ = ππ π»π − π»π οΌ 3-4 Détente isentropique βπ = ππ οΌ 4-1 Chaleur cédée à pression constante βπ = ππ = ππ π»π − π»π πΌ= −ππ π +π π π» −π» = π π =π+ π =π+ π π ππ ππ ππ π»π −π»π ππ 26 2 Moteurs à combustion interne 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton ) Rendement du cycle : ππ o Les transformations 1-2 et 3-4 sont isentropiques, on peut donc utiliser la relation ππ 1−πΎ πΎ = ππ‘π πΌ π©ππππππ = π − π πΈ−π π·π πΈ π·π ππ 27 2 Moteurs à combustion interne 2.3 Turbine à gaz (Cycle de Joule ou de Brayton) Rendement du cycle : o Le rendement d’un cycle de Brayton augmente avec le rapport de compression π·πΰ΅π·π de la turbine et avec πΎ (si le fluide est différent de l’air).C’est ce que l’on observe effectivement sur les turbines réelles. ππ o La température la plus élevée du cycle est atteinte à la fin de la combustion (en 3) et est en générale limitée par la température maximale que les pales de la turbine peuvent supporter. o Des progrès significatifs dans le domaine des matériaux ont été faits et les turbines à gaz peuvent supporter des températures allant jusqu’à 1400°C. ππ 28 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) o le Moteur Stirling est un moteur alternatif à combustion externe, inventé par Robert Stirling en 1816. Le fonctionnement du moteur est décrit par cycle de Stirling. o Le moteur de Stirling forme un système fermé où le fluide (de l’air) est contenu dans une enceinte fermée et chauffée par une source thermique extérieure. La combustion est donc externe, ce qui autorise tous les types de combustibles. o Son rendement théorique est égal à celui de Carnot, ce qui explique la fascination qu'il exerce sur de nombreux chercheurs et ingénieurs. 29 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) Il existe plusieurs types de moteur Stirling , pour l'illustration, on ne donne ici que le schéma d'un moteur alpha. Le moteur bicylindre ou alpha est un moteur qui comprend deux cylindres, deux pistons et un régénérateur qui absorbe et restitue de la chaleur au cours du cycle. Un cylindre est associé à la source froide et un autre est associé à la source chaude. Le couplage cinématique des deux pistons permet au fluide de passer d'un cylindre à l'autre tout en traversant le récupérateur d'énergie (le régénérateur). 30 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) Le gaz froid est chauffé. Il pousse ensuite le piston au fond de sa course (détente isotherme 1-2). L’expansion se poursuit vers le cylindre froid. Le couplage mécanique des deux pistons permet au gaz chaud de passer de la zone chaude vers la zone froide. 2-3 Dans la zone froide, le gaz chaud est refroidi. Il se contracte ensuite à température constante (Compression isotherme 3-4), attirant le piston. vers le haut. Le piston chasse le gaz froid depuis la zone froide vers la zone chaude. 4-1 31 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) Le cycle comporte donc : o 1-2 Détente isotherme πΈππ πΈππ o 2-3 Refroidissement à volume constant o 3-4 compression isotherme o 4-1 Chauffage à volume constant πΈππ πΈππ 32 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) Rendement du cycle : οΌ 1-2 Détente isotherme π βπΌππ = π π πππ πΈππ = −πΎππ = β« ππ½ ππ ππ»πΉπ = π½π π· πΧ¬β¬Τπ½π πΈππ πΈππ οΌ 2-3 Refroidissement à volume constant πΎππ = π π πππ βπΌππ = πΈππ = πππ½ π»π − π»π οΌ 3-4 Compression isotherme βπΌππ = π π π πππ πΈππ = −πΎππ = ΰΆ± π·π π½ = ππΉπ»π ππ π½π Τπ½π = −ππΉπ»π ππ π½π Τπ½π πΈππ πΈππ π οΌ 4-1 Chauffage à volume constant πΎππ = π π ππ π βπΌππ = πΈππ = πππ½ π»π − π»π = −πππ½ (π»π 33 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) Rendement du cycle : −πΎ πΌ= πΈπ o Travail fourni sur un cycle: πΈππ πΈππ πΎ = πΎππ +πΎππ = −πΈππ − πΈππ o Chaleur reçu sur un cycle: πΈππ πΈπ = πΈππ + πΈππ + πΈππ l'énergie πΈ23 cédée au cours du refroidissement isochore est récupérée par le régénérateur, supposé parfait, pour le réchauffage au cours de la transformation isochore 4-1. πΈππ = −πΈππ , donc la chaleur à fournir au gaz ne vaut plus que πΈ12 : πΈπ = πΈππ πΈππ 34 3 Moteurs à combustion externe 3.1 Moteur Stirling (Cycle de Stirling ) Rendement du cycle : Le rendement de ce cycle devient donc : πΌ= −πΎ πΈ +πΈ πΈ = ππ ππ = π + ππ πΈπ πΈππ πΈππ πΈππ πΈππ ππΉπ»π ππ π½π Τπ½π πΌ=π+ −ππΉπ»π ππ π½π Τπ½π π»π πΌπΊπππππππ = π − π»π πΈππ πΈππ Le rendement du cycle de Stirling avec régénérateur parfait est égale donc à celui du cycle de Carnot. π»π étant la température de la source froide et π»π étant la température de la source chaude. 35 3 Moteurs à combustion externe 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson ) John Ericsson (1803-1889) Premier moteur d'Ericsson, 1833 Moteur Ericsson développé en France par la société d’ingénierie Assystem, 2012 36 3 Moteurs à combustion externe 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson ) o Comme pour le cycle de Joule ou de Brayton, le cycle d’Ericsson est un cycle à écoulement continu. Il est donc composé par les systèmes ouverts suivants: οΌ Un compresseur isotherme; οΌ Une turbine isotherme; οΌ Un régénérateur adiabatique. πππ ππ πππ πππ o La machine de Joule n'était qu'une version simplifiée de celle d'Ericsson, puisque Joule n'avait pas prévu de récupérateur. 37 3 Moteurs à combustion externe 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson ) o A partir du point 1, le fluide est comprimé de manière isotherme et réversible. Pour maintenir le fluide isotherme à la température π1 , il est nécessaire de soustraire la chaleur π12 . Le fluide passe ensuite dans un échangeur de chaleur appelé régénérateur où il reçoit la chaleur π23 . Le fluide est maintenu à pression constante. πππ ππ o Le fluide est ensuite détendu de manière isotherme et réversible. Pour maintenir le fluide isotherme à la température π3 , il est nécessaire de πππ fournir une chaleur π34 depuis l’extérieur. L’énergie mécanique produite par la turbine lors de cette détente est utilisée en partie pour faire fonctionner le compresseur, le complément π€π’ étant fournie à l’extérieur. Le fluide passe enfin dans le régénérateur adiabatique réversible où il cède la chaleur π41 (π41 = −π23 )au fluide entre les points 2 et 3. Le régénérateur est supposé être parfaitement adiabatique. πππ 38 3 Moteurs à combustion externe 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson ) Le cycle comporte donc : πππ o 1-2 Compression isotherme o 2-3 Chauffage à pression constante πππ πππ o 3-4 Détente isotherme o 4-1 Refroidissement à pression constante 39 3 Moteurs à combustion externe 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson ) Rendement du cycle : οΌ 1-2 Compression isotherme π π βπππ = πππ + πππ = π π πππ πππ = −πππ = − β« = ππ π· πΧ¬β¬− π πΉπ»π ππ π·π Τπ·π πππ οΌ 2-3 Chauffage à pression constante πΎππ = π π πππ βπππ = πππ = ππ (π»π − π»π ) πππ πππ οΌ 3-4 Détente isotherme βπππ = πππ + πππ = π π π πππ πππ = −πππ = − ΰΆ± π·π π = − π π π πΉπ»π ππ π·π Τπ·π = πΉπ»π ππ π·π Τπ·π π π οΌ 4-1 Refroidissement à pression constante πΎππ = π π πππ βπππ = πππ = ππ π»π − π»π 40 3 Moteurs à combustion externe 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson ) Rendement du cycle : −ππ πΌ= ππ ; ππ étant la chaleur reçu par le fluide sur un cycle πππ o Travail fourni sur un cycle: ππ = πππ + πππ = −πππ − πππ o Chaleur reçu sur un cycle: πππ πππ ππ = πππ + πππ + πππ πππ = −πππ donc ππ = πππ 41 3 Moteurs à combustion externe 3.2 Moteur Ericsson (Cycle d’Ericsson ) Rendement du cycle : πππ +πππ − πΤππΉπ»π ππ π·π Τπ·π πΌ= = π + πΤ πππ ππΉπ»π ππ π·π Τπ·π π»π πΌπ¬πππππππ = π − π»π πππ πππ πππ Le rendement du cycle d’Ericsson est égale donc à celui du cycle de Carnot. π»π étant la température de la source froide et π»π étant la température de la source chaude. 42 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur o Les cycles considérés jusqu'à présent étaient des cycles monophasés, faisant intervenir uniquement des gaz. o Dans les machines à vapeur, le fluide qui circule est de l'eau que l'on fait bouillir; il s'agit d'un cycle diphasé, où l'eau passe de l'état liquide à l'état gaz, puis revient à l'état liquide. L'avantage est que les changements d'état font intervenir de gros transferts thermiques, ce qui est appréciable pour des puissances élevées. 43 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur o Les installations industrielles à vapeur sont en général constituées : ππ» < π ππ οΌ D’une pompe qui sert à alimenter la chaudière à vapeur et élever la pression de l’eau liquide. οΌ D’une chaudière (générateur de vapeur) qui représente la source chaude de l’installation. Elle a pour rôle la production de la vapeur nécessaire au fonctionnement de l’installation. ππ ππ > π 44 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur ππ» < π οΌ D'une turbine où la vapeur vient se détendre en cédant une partie de son énergie sous forme de travail. ππ ππ οΌ D'un condenseur qui représente la source froide de l’installation. Son rôle consiste à condenser la vapeur provenant directement de la chaudière. ππ > π 45 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur Diagramme entropique: o Pour l’étude des cycles des machines à vapeur, c’est le diagramme entropique qui est principalement utilisé. Courbe d’ébullition Courbe de rosée o Titre de la vapeur π : A l’intérieur de la courbe de saturation, il y’ a un mélange liquide plus vapeur. Le titre de vapeur représente le pourcentage de la vapeur contenu dans le mélange. Il est utilisée pour déterminer la quantité de vapeur lors de l’évaporation ou de la condensation: π= πππππ ππππππ πππππ ππππππ = πππππ ππππππ π π πππππ π πππππ ππππππ π + πππππ ππππππ Courbe de saturation Graphiquement le titre de vapeur est donné par : π= π΄π³ π½π³ 46 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.1 Cycle de Carnot appliqué aux vapeurs condensables ππ» < π ππ ππ > π o 1-2 Compression isentropique o 2-3 Transformation isotherme : vaporisation du fluide o 3-4 détente isentropique o 4-1 Transformation isotherme : liquéfaction du fluide ππ Compresseur 47 3 Cycles des moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.1 Cycle de Carnot appliqué aux vapeurs condensables Pourquoi le cycle de Carnot n’est pas un bon modèle pour l’étude des cycles à vapeur ? o o La raison majeur de ne pas utiliser le cycle de Carnot pour la modélisation des cycles à vapeur est que la compression isentropique (1-2) d’un mélange diphasique est très difficile à réaliser. Pour remédier à cela, on utilise un condenseur dimensionné de façon à condenser la totalité du fluide, et c'est un liquide exempt de vapeur qui se présente à l'entrée de la pompe. En contrepartie, il faut ajouter une transformation isobare 2-2' dans la première partie de la chaudière, pour amener le liquide à la saturation, avant de commencer à produire de la vapeur. (Cycle de Rankine) 48 Compresseur ’ Cycle de Carnot Cycle de Rankine 49 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.2 Cycle de Rankine o Le cycle de Rankine est à la base des machines utilisant la vapeur d’eau dans les centrales thermiques ou nucléaires, comme les turbines à vapeur. ’ o Il constitue le cycle diphasé le plus simple; on monte la pression de l'eau à l'aide d'une pompe alimentaire ne nécessitant que peu de travail, puisque l'eau est à l'état liquide et que son volume est très faible ; puis l'eau est chauffée le long d'une isobare et passe à l'état vapeur ; elle est alors détendue adiabatiquement dans une turbine et repasse à l'état liquide dans le condenseur. 50 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.2 Cycle de Rankine o Le cycle de Rankine se compose donc de : οΌ 1–2 : pompage adiabatique et réversible dans la pompe (compression isentropique) , à partir d’un état de liquide saturé 1; ’ οΌ 2–3 : échange de chaleur isobare avec l’eau liquide dans la chaudière jusqu’à l’état de vapeur saturée 3 (Vaporisation isobare). οΌ 3–4 : détente isentropique dans la turbine; οΌ 4–1 : échange de chaleur isobare avec la vapeur d’eau dans le condenseur jusqu’à l’état de liquide saturé 1. (Liquéfaction isobare). 51 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.2 Cycle de Rankine o Bilan énergétique Pour chaque composant du cycle, on a, par unité de masse : βπ = ππ + π οΌ Pompe: 1-2 compression isentropique βπππ = ππ − ππ = ππ οΌ Chaudière: 2-3 Vaporisation isobare βπππ = ππ − ππ = ππ οΌ Turbine: 3-4 Détente isentropique βπππ = ππ − ππ = ππ οΌ Condenseur: 4-1 Chaleur cédée à pression constante βπππ = ππ − ππ = ππ ’ 52 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.2 Cycle de Rankine o Remarque Les calculs analytiques ne sont pas possibles (en tout cas beaucoup moins simples que pour les autres cycles) car il est nécessaire de se donner un modèle thermodynamique du fluide pour ses phases liquide et vapeur, ce qui n’est généralement pas possible. Le recours aux tables thermodynamiques (ou aux diagrammes) est donc nécessaire. ’ 53 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.2 Cycle de Rankine o Dans le cycle de Rankine, le fluide qui se détend dans la turbine est un fluide diphasique (liquide + vapeur). La présence de l’eau liquide dans la turbine peut conduire à la détérioration de ses surfaces et à la réduction de la durée de vie de ses ailettes. De plus les gouttelettes d’eau ne participent pas à la mise en mouvement des ailettes ce qui conduit à un faible rendement de la machine. ’ o On peut éviter la présence d'un fluide diphasique dans la turbine, en dimensionnant la chaudière de façon à surchauffer la vapeur d’eau. On obtient ainsi de la vapeur sèche à l’entrée de la turbine, c’est le cycle de Hirn. 54 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.3 Cycle de Hirn o Le cycle de Hirn (ou de Rankine avec surchauffe) est donc une amélioration du cycle de Rankine qui permet de faire tourner les ailettes de la turbine avec de la vapeur sèche. o Dans ce cycle, la chaudière remplit trois fonctions successives et se comporte donc comme un triple échangeur : ο§ Chauffer l'eau d'alimentation jusqu'à la température de vaporisation à la pression correspondante (2-2’) ο§ Vaporiser l'eau (2’-3) ; ο§ Et enfin surchauffer la vapeur à la température désirée (34). 55 3 Moteurs à combustion externe 3.3 Machines à vapeur 3.3.3 Cycle de Hirn o Intérêt de la surchauffe οΌ Elle augmente le travail récupérable. οΌ Elle retarde l’apparition d’eau liquide au cours de la détente. οΌ La vapeur étant plus sèche, le rendement de la turbine est augmenté; les pertes par humidité diminuent par la surchauffe. οΌ Elle améliore le rendement cyclique. 56
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